Dans ma Kindle en Janvier

Il y avait longtemps que je ne vous avais pas fait un inventaire de mes lectures et en janvier il y a eu beaucoup de livres. Boulimie me direz-vous? Peut-être bien.  En janvier il y a eu : Éparse de Lisa Balavoine, Je m’appelle Mo de Jean Marc Bassetti, Par amour de Valérie Tong Cuong, Les loyautés de Delphine de Vigan, Une fois dans ma vie de Gilles Legardinier, la plage de la mariée de Claire Sabard et Pactis salis d’Olivier Bourdeault (lecture en cours)Je ne change pas les règles du jeu, je vais vous parler des livres que j’ai préférés, les autres, je les laisse à votre appréciation.

Je m’appelle Mo de Jean Marc Bassetti que je qualifierais d’excellente découverte. Il était dans ma kindle depuis février 2017.  Il commençait à se désespérer que je l’ouvre. Il aura suffit du voyage en train vers Paris pour que je le commence et que je le finisse. Parce que voilà, c’est un roman oulipien. Mais kézako un roman oulipien ? Un roman écrit comme un défi : 100 chapitres de 1000 signes. 100 000 signes espaces comprises (à cette occasion j’ai appris qu’en littérature le mot espace était féminin). On dit souvent que le véritable danger de l’écrivain n’est pas la page blanche mais la page noire, la page trop remplie, trop pleine de mots. Il est toujours plus difficile d’écrire « la juste dose », ne pas trop en dire, laisser le lecteur tricoter ce qui manque. Et franchement j’ai apprécié la prouesse. J’ai parfois cherché les signes qu’il a enlevé et cherché ceux qui me semblaient inutiles. Et malgré les contraintes, les personnages sont bien campés plusieurs histoires dans l’histoire : histoire personnelle (Mo et sa famille) une histoire familiale et l’histoire dans l’Histoire. Le sujet : un secret familial. Livre auto édité, uniquement dur liseuse.

mo

Par amour  de Valérie Tong Cuong : C’est l’histoire de deux soeurs havraises pendant la seconde guerre mondiale. Ce roman choral met en scène des personnages dont les vies secrètes s’entremêlent à la grande Histoire, et nous rappelle qu’on ne sait jamais quelles forces guident les hommes dans l’adversité. Comment aurait-on réagi en pareilles circonstances ? Roman vraiment très bien documenté (le quotidien des familles qui subissent les attaques, la peur, le rationnement est décrit avec une grande habileté) qui nous entraine du Havre à l’Algérie de 1938 à 1946. Roman que j’ai trouvé très agréable à lire.

par maour

Les loyautés de Delphine de Vigan : D’elle je disais « Delphine de Vigan for ever » après ce roman je serai tentée de rajouter oui, mais. Il y a toujours ce qui la caractérise : l’écriture au gramme près, la description des sentiments exprimés avec maestria, des phrases percutantes. Delphine De Vigan explore l’intime, le minuscule qu’elle dissèque, la noirceur qu’elle met en lumière. Jamais elle ne juge, elle explore les failles, les petits aménagements avec nos vies qui sont le propre de la vie. Le roman raconte le destin croisé de 4 personnages Théo (fils de divorcés dont la mère est extrêmement dure et le père au fond du trou) Mathis (son copain qui le suit un peu trop), Hélène (leur prof de SVT ancienne enfant  maltraitée) et la mère de Mathis (qui découvre une facette de son mari qu’elle ne soupçonnait pas.C’est un livre sombre, dur où la pression s’intensifie au fur et à mesure de l’avancée dans l’histoire. On pressent qu’on ne va pas en sortir indemne. Mais. C’est un livre vite lu si l’on en croit le nombre de pages mais. Je l’ai lâché plusieurs fois pour respirer, pour sortir de cette atmosphère suffocante. Franchement, j’ai été ravie de voir arriver la fin.

par maour

Éparse de Lisa Balavoine : (Fragments d’elle épars) J’ai lu partout de très bonnes critiques mais je dois avouer que je l’ai acheté pour son nom de famille. Sur la jaquette est indiqué Roman, mais ce n’en est pas un. Voilà, les choses sont dites il s’agit d’un carnet intime du genre d’un relevé d’articles de blog engraissé à l’atelier d’écriture. Pas réellement d’histoire si ce n’est une déambulation à travers les souvenirs et les écueils de cette quadra, mère de trois enfants, divorcée et en recherche de l’homme suivant. Pourquoi atelier d’écriture ? Parce qu’il y a beaucoup de textes sur le même genre où chaque phrase commence de la même façon « il y aura » ou « je me souviens » ou « j’aime, j’aime pas » ou « petite je », ou « on ne m’avait pas dit que ». D’où ma lecture en diagonale plus souvent que je ne l’aurais souhaité. Beaucoup de textes du type des listes : les acteurs des années 80, les musiques des années 80, pour ou contre la vie de couple. Par rapport à « Je m’appelle Mo » je trouve qu’il y a des passages qui auraient pu être coupés, il est un peu trop rempli.  C’est un livre de quadra pour les quadra où l’on se retrouve toutes, c’est un inventaire de tout ce qu’on peut trouver sur les blogs aujourd’hui (j’ai d’ailleurs parfois pensé que j’avais écrit quelques uns de ces textes). Elle invente des mots elle aussi. J’ai beaucoup aimé « rupturlute : rupture brutale, à s’en ôter les mots de la bouche » ou « électrolovographie : représentation graphique de l’activité amoureuse ».

éparse.jpeg

C’est là que je me demande comment procèdent les éditeurs pour choisir les livres à éditer (éparse) et ceux qu’ils refusent (je m’appelle Mo).

 

17 commentaires sur “Dans ma Kindle en Janvier

  1. pour le choix des éditeurs, là clairement il y a le nom , non? tu le dis toi même c’est ce qui fait que tu l’as pris…merci pour cette liste, j’ai du choix pour au moins l’année là!!

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  2. Je ne savais pas que le mot « espace » était féminin en littérature, et ne connaissais pas non plus l’expression « page noire » (je verse souvent dans cet écueil).
    Quand tu dis que tu as acheté Éparse pour le nom de son auteur… Balavoine ? de chez Balavoine ?
    Quant à ta dernière remarque, oui, on se demande… Sans doute parce que c’est comme partout ailleurs : des rencontres, de l’entregent, et puis peut-être justement le nom cette fois…

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  3. Si nous étions dans les secrets des maisons d’édition…
    Parfois je me pose moi aussi des questions.
    Le dernier Delphine de Vigan me tentait bien, j’aime son écriture, mais le sujet a l’air un peu lourd? Je vais peut-être attendre.

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  4. Lisa Balavoine est une blogueuse lilloise qui avait (a toujours ?) un blog intitulé « le point sur le i « . Donc ce n’est pas étonnant que son livre ressemble à une compilation de texte car c’est une déformation liée au genre. A part ça c’est une ancienne prof de français qui s’est reconvertie en documentaliste (prof de CDI ) et qui n’a aucun lien de parenté avec le chanteur.

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    1. Bonjour Aline et bienvenue!merci pour ces précisions. Je comprends mieux mon impression. Pour ce qui est de son nom de famille, vous avez raison, elle le dit dans le livre. Daniel n’a rien à voir avec elle si ce n’est qu’ado elle prétendait qu’il était son oncle.

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  5. j’ai aussi acheté Eparse: je connaissais son blog et la suivais sur FB . J’ai trouvé çà un peu « léger » en termes d’écriture et je pense l’avoir lu et apprécié car c’est un peu comme si j’avais des nouvelles d’une ancienne connaissance (un côté un peu voyeur)….mais je me suis aussi demandée si ce livre toucherait d’autres personnes que ses lecteurs (lectrices sans doute) du blog…

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    1. Son « Éparse » c’est un peu mon « Vent fort Mère agitée », je pense. ce qui est surprenant c’est la mention roman. Je ne m’attendais pas à une compilation d’articles de blog. Pour être honnête je ne l’aurais sans doute pas acheté. Après je comprends tout à fait qu’il puisse avoir du succès parce qu’il « parle » aux quadras. En tout cas merci de ton avis

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  6. J’avais trés envie de lire »les loyautés  » (j’ai adoré les précédents romans de Delphine de Vigan ) mais j’attendrai pour le faire du soleil , une chaise longue et un thé glacé ou un verre de blanc selon l’heure ! ..ça devrait mieux faire passer « l’atmosphère suffocante « !

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  7. Bonjour, merci d’avoir parlé d’Eparse, je suis toujours contente de lire une critique, même négative, car on ne peut pas plaire à tout le monde et ce n’était clairement pas mon intention 😉 Je peux juste vous apporter certaines précisions concernant ma publication. Tout d’abord je n’ai aucun lien avec Daniel Balavoine et je ne pense pas avoir été retenue pour cette raison. Ensuite, je n’ai jamais suivi aucun atelier d’écriture mais oui j’ai longuement tenu un blog, d’où peut-être cette écriture fragmentaire, mais qui était pour moi un parti pris pour faire coïncider l’état d’esprit de la narratrice un peu paumée et la forme du texte. Je ne connais absolument personne dans l’édition, donc il n’y a eu aucun entregent et j’ai reçu beaucoup de lettres de refus comme tous ceux qui se lancent dans cette aventure je crois, je m’étais fait une raison et finalement j’ai eu de la chance. Quant à l’appellation Roman, ce n’est pas du tout mon choix, mais celui de l’éditeur, je suis d’accord avec vous pour ne pas intituler le livre ainsi, j’aurais préféré « récité car oui il y a une grande part autobiographique, même si pas en totalité. Merci encore d’en avoir parlé et bonne journée à vous.

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    1. Bonjour Lisa et merci à vous d’être venue ici raconter que « oui, c’est possible, une blogueuse peut arriver à éditer un roman ». Pour le nom de famille, je sais, vous le dites dans le livre, je le dis moi-même dans un commentaire. je ne pensais pas avoir écrit une critique négative, d’ailleurs si j’écris sur le livre c’est que je l’ai aimé, alors je suis vraiment désolée que vous l’ayez lue comme telle. C’est un livre qui parle de vous mais de nous aussi, donc il a de quoi plaire. Pour moi c’est le mot roman qui me déstabilise. Comme pour vous apparemment. J’avais eu la chance d’être éditée pour des textes de mon ancien blog et cela n’a vraiment rien à voir avec un roman, vous le dites. En ce qui concerne la chance, elle a beaucoup de travail et vous avez su y faire avec elle (dans ma bouche c’est un compliment)(si vous pouviez me dire d’ailleurs…) (enfin, bref) En tout cas, longue vie à Éparse et puis, bonne signature chez Marie 😉

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  8. Oups, je voulais évidemment écrire « récit ». Et une dernière chose : ce livre n’est pas une compilation d’articles de blog. Je suis en effet partie d’articles que j’avais écrit et j’ai décidé de faire quelque chose de cette matière, j’ai beaucoup réécrit et retravaillé et avec mon éditrice (qui est d’ailleurs la même personne que celle de Delphine de Vigan) nous avons beaucoup réfléchi à la structure du texte, à son architecture. Je n’ai publié ce texte que pour deux raisons : la première est que pendant longtemps des lectrices du blog m’ont écrit que je leur parlais d’elles (alors que j’avais l’impression de ne parler que de moi) et la seconde est qu’un éditeur m’a dit « c’est publiable et nous trouvons un intérêt littéraire à ce texte ». Jamais je ne me serais autopubliée par exemple, si je n’avais pas eu cet aval. Je me pose beaucoup de questions autour de la légitimité, étant une grande lectrice moi-même, je sais parfaitement où je me situe, je ne serait jamais Proust. Voilà, c’était vraiment sans prétention, j’espère vraiment que cela se ressent 🙂

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      1. Pour ce texte « Les loyautés » Delphine de Vigan n’a pas travaillé avec KH. Mais je travaille à un texte plus fictionnel depuis maintenant un moment, je sais qu’on m’attend au tournant, parce que les gens qui viennent des blogs on sait bien comme c’est perçu dans le milieu littéraire, même si j’ai la chance d’avoir toujours été reçue avec beaucoup de considération chez Lattès. Bref je me débats avec mes contradictions, éparse donc.

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      2. Bonne écriture quant à moi, j’attends les retours des maisons d’édition. Du coup, pourvu qu’ils ne sachent pas d’où je viens…

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