Diabolo

C’était comme un anniversaire de revenir dans cette ville. La chaleur étouffante avait laissé la place à une autre plus douce, nous a t-on affirmé alors que je tordais le nez. Plus douce me paraissait exagéré. Le thermomètre affichait 35 degrés.

Nous nous sommes assis à la terrasse d’un café, sous la bâche où nous pensions qu’il ferait plus frais. Autour de nous des hommes habillés de chemises grises, la taille enserrée dans un tablier noir distribuaient leurs sourires et prenaient commande en épongeant leur front d’un mouchoir blanc. À quelques pas de nous, contre le mur de l’église, un homme laissait ses doigts jouer sur les cordes d’une guitare.

Je sentais les goutes de transpiration se frayer un chemin dans mon dos et le tissu léger de ma robe devenir plus raide à chacun de mes mouvements. Nous avons commandé de quoi nous rafraichir, le temps que le temps passe, nous avions trente minutes à tuer.

Des habitués étaient là : un monsieur lisait le journal, sa chemise dégrafée laissait apparaitre une touffe de poils blancs sur son torse, un couple élégant dont la femme agitait devant son visage un éventail en dentelle regardait les badauds s’arrêter et glisser deux pièces dans la casquette du joueur de guitare, une dame et sa petite fille devisaient. Les serveurs prenaient plus de temps avec eux, leur demandaient s’ils supportaient la chaleur, si les enfants étaient repartis ou s’ils seraient encore là pour la fête qui aurait lieu ce week-end.

C’était amusant de se dire qu’il y avait des habitués transpirants, à seize heures, au café de la place, malgré les 35 degrés à l’ombre.

J’ai posé une question qui commençait par et si. Les réponses ont fusé de toutes part. Ça rebondissait. Ça se répondait. Non, ça, ce n’est pas possible. Ah, mais pour moi, ça l’est. Quoi tu réagirais comme ça? Je n’y avais même pas pensé. J’avais peur de tout oublier. Elle a dégainé son portable et noté les idées qui nous venaient. Autour de nous, les habitués sont repartis en nous faisant un signe de la tête, prêts à nous accueillir à nouveau parmi eux. Une prochaine fois.

Voilà, c’est sans doute là, sous la chaleur qui accablait la place du village, à la terrasse du café, alors que je sirotais un diabolo tiède, qu’a réellement débuté R2 (D2).

Pic by me

4 commentaires sur “Diabolo

  1. et pourquoi là? d’ailleurs c’est où, là? plein de questions auxquelles il me tarde d’avoir plein de réponses!!
    il y a des trucs qui me manquent ici ( genre la côte de bœuf, le mojito :-)) ) mais surtout mes amis pour papoter et avoir le temps de prendre des news, poser des questions, bref nos repas et nos sorties à la salle , il me tarde de les reprendre!
    bisous tout plein 😉

    Aimé par 1 personne

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