Un paquet de madeleines

Madeleine de Proust  : n.f. micro-événement qui fait ressurgir des souvenirs de jeunesse. Un acte mineur porteur d’une forte charge émotionnelle.

Musique : Luis Mariano « Mexico ». Le plus souvent Papa chantait dans la voiture. On était à l’arrière, pas attachés, on était un peu fous à l’époque, mon frère dormait sur la lunette arrière, ma soeur sur la banquette et moi au sol.  Il était 5 heures du matin et on partait à Cadaquès.

Odeur : La fleur d’oranger. Mon parfum chouchou depuis pratiquement 20 ans, mais aussi la fleur d’oranger que Maminette versait allègrement dans ses crêpes.

Texture : Les étiquettes que triturait mon petit frère pour s’endormir, seul moment où il nous laissait du répit.

Goût : La crème de lait au sucre au temps où le lait n’était pas acheté stérilisé en bouteille, mais que nous allions le chercher à la ferme de Mr Péjean. On le faisait bouillir (le lait, pas Monsieur Péjean), il montait vite en une matière mousseuse (hum). Le lendemain on recueillait la crème que l’on saupoudrait de sucre en poudre.

Couleur : La couleur de l’aube  quand je la regardais au petit matin depuis la cuisine de Maminette, même si elle répétait « Aube rouge ben ou plouge » (orthographe approximative)

Paysage : La plage des Estagnots. Rien que d’y penser j’ai l’impression de mieux respirer et c’est d’ailleurs l’image que j’utilise en méditation.

Première fois : Je ne sais pas pourquoi on chérit davantage les premières et les dernières. Je voudrais chérir toutes les autres fois parce que ce sont elles qui sont importantes, parce qu’on a réussi à rester ouvert à l’émotion mais aussi parce qu’elles sont plus difficiles à percevoir.

Bonbons : Les colliers. Je n’osais pas les manger parce que je me trouvais très belle avec. Alors, je les reniflais et après j’osais plus les manger parce qu’ils étaient devenus tout collants et un peu dégueu. Je peux reconnaître l’odeur les yeux fermés. Le goût c’est moins sûr.

Parlez-moi de vos madeleines…

 

Pic by Alexandre Godreau on Unsplasch

 

7 commentaires sur “Un paquet de madeleines

  1. Oh là, vaste sujet …

    Musique : les chansons pas du tout drôles de ma Mamie (les roses blanches, Nénette et Rintintin…) qu’elle nous chantait le soir quand on dormait chez elle (si si !!)

    Odeur : la fleur d’oranger : celle des crêpes et des madeleines de Mamie J ou l’odeur de la jardinière de légumes de Mamie E.

    Texture : une madeleine inversée … ce qui me vient en tête : mon horreur de la laine à même la peau ! depuis toujours

    Goût : les crêpes, la jardinière de légumes… et les rochers choco praline qu’on mangeait avec un doux parfum d’interdit chez Mamie E. Elle était complice, ce qui rendait le truc encore plus doux…

    Couleur : je ne saurais dire pourquoi, l’image qui me vient en tête, c’est le papier peint orange et brun années 70 de chez mes grands-parents

    Paysage : la montagne, Métabief, où j’ai passé tant de vacances d’hiver et d’été

    première fois : aucune en particulier, chaque nouveau moment est une première fois… peut-être plutôt le premier « vrai livre » que j’ai lu seule, que j’ai gardé comme un trésor, et qui est désormais dans la chambre de ma Grande : « Tistou les pouces verts »

    Bonbons : les roudoudous !

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  2. L’odeur de la glycine, celle qui courait sous les fenêtres de notre chambre de petites filles. C’est toujours elle qui revient en premier.
    Les acacias, leur ombre folâtre sur les tablées estivales chez mes grands-parents.
    L’odeur de cave, l’odeur du bar d’été de ma grand-tante au sol de gravier un peu humide.
    Tous les Genesis et Supertramp, les cassettes qu’on écoutait dans la voiture sur la route des vacances.
    L’odeur d’orange et de cigarette des mains de mon père. Leur chaleur.
    Les fraisiers de ma grand-mère, encore. Le croquant de ses salades vertes, avec les oignons rouges, l’amertume de la frisée que je n’aimais pas mais qui aujourd’hui m’envoie direct en enfance.
    La lumière sur les pierres blondes. Celle dans les feuilles des arbres qu’on regardait couchés devant notre cabane du bois de mes grands-parents.
    L’odeur des foins. L’odeur des foins qu’on retournait pour les faire sécher. L’odeur des foins un peu fermentés, parfois. L’odeur des bouses de vache.
    Le bruit du ruisseau au bout du chemin.
    Les gouttes de sucre mentholé.
    La montagne l’été.
    Le bruit des pas sur le gravier.
    L’odeur des pierres chaudes au bord des ruisseaux.
    Le pain un peu rassi qu’il fallait finir avant d’entamer la miche suivante (ou comment toujours manger du pain rassis) avec le beurre épais presque rance et la confiture de mûres au goût de fourmi écrasée (si). L’odeur du tiroir à pain.
    L’odeur de cheminée froide.
    L’odeur des jonquilles. Les glaïeuls sauvages dans les fossés qu’on voit enfin revenir après des décennies de sommeil.
    Les moments intenses de ma vie d’adulte sont aussi une madeleine d’enfance : je pense à elle, à qui je racontais ces moments, qui nous appelait pour qu’on les lui raconte. Je me dis : elle aurait adoré.
    J’ai des milliers de madeleines. Alors chaque fois que j’entends un ruisseau… qu’une glycine… que du gravier… que ce gros pain… que l’orange juste pelée… que la dent sur la feuille de salade… que le vasistas de cette cave…………….. j’y reviens souvent !

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  3. Musique : la haut sur la colline, l’un de mes souvenirs les plus vifs de ma toute petite enfance. je le chantais assise sur la table de la cuisine avec ma nourrice

    Odeur : Kouros, le parfum de mon premier amour

    Texture :la peau des pêches que je ne supportais pas de toucher. Mon père me les épluchait car son propre père avait la même aversion. Depuis que mon papa nous a quitté, je me les épluche toute seule.

    Goût : celui du chocolat. J’en ai été privé toute mon enfance car ça me couvrait d’eczéma de la tête aux pieds dès que j’en mangeais. Depuis je me suis rattrapée! Mais ce gout , ce gout: malgré cet interdit, j’ai craqué plusieurs fois et me suis retrouvée deux fois à l’hôpital!

    Couleur : aucune particulière! peut-être le bleu quand même car c’est la couleur de l’eau et c’est sûrement là que je me sens le mieux.

    Paysage : moi en méditation, je vois « manta point », sous l’eau, donc.

    Première fois : que ma petite fille m’a appelé maman, c’est donc assez récent!

    Bonbons : le carambar et tous les plombages qui sont partis avec!!

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  4. Musique : « Cezanne peint » : le walkman vissé sur mes oreilles, allongée dans le hamac, nuit d’été. Je comtemple le ciel étoilé au dessus du grand pin du jardin. En fond, j’entends le bruit des vagues.

    Odeur : L’odeur des salles de classe de mon école primaire. J’y suis revenue une vingtaine d’années après l’avoir quittée et j’ai été assaillie par cette odeur qui m’a ramenée à l’époque où je portais encore des couettes.

    Texture : les pulls qui grattent (année 70)

    Goût : Là, rien ne me vient 😦

    Couleur : Le rouge orangé d’un soleil couchant sur l’océan

    Paysage : L’océan que j’aimais contempler l’hiver quand la plage était déserte où l’été, très très tôt avant que les vacanciers ne posent leurs serviettes

    Bonbons : Je ne sais pas comment ça s’appelait. Ma mère m’achetait ça à la boulangerie et quand on ouvrait le paquet, on avait une chance d’en gagner un deuxième. C’était peut être le fameux « mistral gagnant ». Sinon, les coquillages qui nous rapaient la langue.

    Merci pour cet article qui me ramène des années en arrière

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  5. Musique : La trompette de Maurice André, les Platers ou les musiques Ennio Morricone, ce sont les K7 des parents que nous écoutions dans la voiture avant que l’on impose les nôtres.

    Odeur : L’ambre solaire, l’odeur qui planait dans la maison tout l’été

    Texture : tu as remarqué les oreilles des chats ? ben juste derrière il y’a un petit endroit ou le poil est super doux, c’est mon arrière grand mère qui m’avait fait remarqué ça, et j’ai la chance d’avoir une minette qui adore les papouilles à cet endroit

    Goût : une crème à l’amande, qui sent comme la colle Cléopatre, recette de ma grand mère qu’elle obtenait en faisant infuser des feuilles de Laurière dans du lait, j’en fait souvent, les enfants adorent.

    Couleur : Le soleil rouge du coucher, celui que l’on scrutait avec les cousins pour savoir s’il ferait beau le lendemain…

    Paysage : Une plage de sable fin

    Bonbons : des petites perles blanches à l’anis que l’on trouve encore en d’Espagne, qu’il ne faut surtout pas croquer au risque d’y laisser une dent

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  6. Ah les odeurs et les souvenirs d´enfance ! L´odeur du bureau de tabac où j´achetais des bonbons, de l´herbe fraîchement coupée, de la piscine, du lila blanc dans le parc près de chez moi, des pins parasols chauffés par le soleil, de la pharmacie de la rue de la République, du shampoing à la camomille, du savon de Marseille, des feuilles de noyer, du cirage pour les chaussures, de la cantine, de la bibliothèque, de la laque Ellnet de ma mère, du plastique, des effaceurs d´encre, de la fête foraine, du métro, du spray anti-puces du chien de mes voisins, des violettes, des pastilles Valda… J´en ai la tête qui tourne.

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