Comment écrire son deuxième livre ?

On pourrait croire que le plus difficile est fait, maintenant que mon premier roman édité fait sa vie et vole de ses propres ailes. On pourrait effectivement le croire, peut-être d’ailleurs est-ce vrai pour certains. Mais pas pour moi. Vous l’aurez compris. Il me fallait donc en faire toute une histoire (allez, au moins un nouveau post).

Je me disais qu’il devait être bien difficile d’écrire un deuxième livre quand le premier a été un best-seller, que emporté par le raz-de marée des éloges, l’auteur à succès est taraudé par l’inquiétude et l’angoisse. Je vous rassure, il est tout aussi difficile à écrire quand le premier n’a pas été un succès. Un tas de questions, toutes plus existentielles les unes que les autres, n’en finissent pas de tourner autour de l’auteur ainsi abandonné à sa table de travail. Qu’est-ce qui n’a pas plu, où ça a pêché, les personnages n’étaient pas tout à fait crédibles ou bien l’histoire était-elle inintéressante pour les lecteurs, le format, le genre, la quantité de pages ? Vous avez l’habitude : je ne suis que doute.

Pour écrire mon deuxième livre, il fallait déjà arrêter de procrastiner. De remettre à demain. Ou à une date ultérieure. Bien floue et hypothétique. Attendre que les étoiles s’alignent dans le ciel et croire dur comme fer que le meilleur moyen d’y arriver c’était de s’y mettre. Maintenant.

Arrêter de faire autre chose de plus important : Ceci pouvant je vous l’accorde se rapprocher sacrément de « arrêter de procrastiner » sauf qu’il y avait réellement certaines choses indispensables à faire : faire la promotion de PQLV par exemple, puisque personne ne le ferait pour moi. Il s’agissait de faire sa place sur les réseaux, se créer une base-fan, faire des dédicaces et des ateliers d’écriture, regarder les statistiques, et envoyer tout balader.

Arrêter de penser que je ne fais qu’écrire une seconde version du premier : que je radotais, que mes images étaient toujours les mêmes, que je ne savais pas me réinventer. Il a fallu faire la paix avec l’idée que mon style est mon style et que le deuxième serait peut-être le frère du premier. Il y avait pire.

Pour aller plus vite, il aurait fallu que j’arrête de lire ou que je le fasse de façon moins boulimique. Mais mon écriture se nourrissant de celles des autres je n’ai pas réussi. J’ai enchainé les romans, et surtout les premiers romans, j’ai lu des essais, j’en ai trouvé certains que j’aurais adoré écrire, j’en ai lu qui ressemblaient à ce que je pouvais écrire. Alors, j’ai continué.

Je devais éloigner de moi l’acharnement non productif, qui me pendait au nez. J’ai réussi en me concentrant sur d’autres envies, d’autres projets, la vie aussi, pour que finalement le texte coule de source. La mienne.

J’avais toujours le problème du premier chapitre : Que j’écris. Que je relis. Que je corrige. Que je relis, cent fois s’il le faut, de façon à obtenir un merveilleux premier chapitre. Et c’est à peu près tout. Ce coup-ci, il n’y a pas de chapitres, comme ça le problème était réglé.

J’avais encore le problème de ma putain de page 100 : que je peine à dépasser et qui bien souvent et sans que je ne puisse l’expliquer, stoppe toutes mes velléités. Ce coup-ci il n’y a que 115 pages et j’adore les quinze dernières.

Trouver la bande son qui accompagnerait mon travail : alors que je ne travaille qu’en silence, la musique a toujours une grande influence sur mes écrits. Petit à petit, au rythme de la musique, l’histoire s’écrit dans ma tête, le fil prend forme. Cette fois-ci, elle a eu du mal à se mettre en place. J’ai patienté longtemps en mettant souvent les mêmes morceaux, jusqu’à ce que je réalise que « ça y est, mais que je suis clouque, bien sûr que c’est elle! »

Ne pas écrire pour les autres : ce que j’ai fait avec brio pendant plusieurs mois en l’écrivant comme un secret jalousement gardé. Je ne me suis pas demandé si les lecteurs apprécieraient, s’ils aimeraient tel trait d’humour (mais si, il y a de l’humour!!) ou s’ils allaient détester le lire. Il parait que ce livre « est très beau », « c’est exactement ton style, ce qu’on aime quand on te lit », que « c’est dingue la poésie que tu arrives à instiller à tes phrases » et que « c’est très juste et très bien écrit. Bon ceux qui n’aiment pas ton style aimeront encore moins que PQLV. Tu es au courant? »

Ne pas m’occuper du temps qui passe et des semaines qui filent : Laisser faire le temps, voire en profiter. « Laisser infuser et boire une tasse à la fin du jour ». Être sûre qu’il n’y a pas d’urgence. J’ai mis un peu plus d’une année et mes rendez-vous avec ce texte étaient très doux. Aujourd’hui, j’en suis à la version 4 et je ne saurais vous dire s’il s’agit de la dernière.

Accepter d’être un archinier. Dans la famille des auteurs, il y a deux catégories : les architectes et les jardiniers. Moi, je ne suis ni l’un ni l’autre. Je suis archinier. J’écris un premier jet selon un plan, puis je cultive les images en repassant mille fois s’il le faut sur un texte pour y coller au squelette les tendons, les muscles, la peau, les poils et les grains de beauté.

D’habitude, je trouve le titre avant d’écrire, cette fois, il n’est pas encore tout à fait établi. Mon coeur balance entre plusieurs. Comme quoi, chaque histoire d’histoire est différente.

PS mise à jour 12h 15: On me souffle dans l’oreillette que je risque de vous lasser avec cet article sur un livre en création qui sortira (ou pas) un jour (ou l’autre). Désolée si tel est le cas. Il faut que je trouve des trucs à vous raconter et là, dans l’immédiat, rien d’autre ne me vient.

 

Pic by Jon Tyson on Unsplash

 

4 commentaires sur “Comment écrire son deuxième livre ?

  1. Quoi ? Mais qui t’a soufflé ce PS ? Moi ça m’intéresse, ce que tu racontes de ton modus operandi.
    Et sinon, je croyais que « clouque » était une invention familiale ! Je n’entends jamais personne utiliser ce mot hors de ma famille ! Give me five!
    PS : on me souffle dans l’oreillette qu’il va falloir arrêter avec les points d’exclamation… !

    Aimé par 1 personne

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