Semer des graminées

Après « Vent fort, mère agitée » paru en 2012 (qui devrait ressortir en numérique en 2019) et « Parce que la vie ne suffit pas », mon premier roman paru en 2018 chez Librinova, « Semer des graminées est mon troisième ouvrage. Je vous livre quelques-uns des secrets qui ont émaillé sa fabrication.

« Semer des graminées » est un livre que j’aurais préféré ne pas écrire. Ça commence bien, n’est-ce pas ?

C’est un livre que j’aurais lu en pensant « ouf que ce n’est pas mon histoire ». Je l’aurais rangé sur la plus haute étagère de la bibliothèque, à côté des « bibliothèques roses » de mon enfance et je l’aurais oublié. J’y aurais pensé en filigrane. De temps en temps.

Quand tout a commencé, j’ai cherché à savoir ce qui m’attendait. Savoir par quoi j’allais passer. Me préparer. Comme un marathonien. Anticiper.

J’ai cherché et je n’ai pas trouvé ce type de livre. Alors je l’ai écrit et je n’ai rien caché. « Je crie et puis j’écris » comme dirait Aurélie SAADA.

Certains y verront de l’impudeur, trop d’intimité. D’autres crieront à l’inutilité. Peut-être certains trouveront un écho dans ma vérité. Ou peut-être pas. De toute façon je n’ai pas eu le choix. J’ai transformé ma peur d’enfant en écrit. « J’ai dansé au bord de l’abîme » pour reprendre Grégoire Delacourt. J’ai fait entendre  « l’essence de ce que je pense être la vérité de « ma » parole » comme le dit mon ami David Tormena. D’autres me remercieront parce que maintenant ils savent ce qu’ils ont à faire : se raconter, dire aux gens qu’ils aiment qu’ils les aiment.

Ce livre, je l’ai écrit. J’en ai fait ma réalité. J’ai laissé couler mes larmes et ma morve. « J’ai raconté l’irracontable, ce qui dérange, me bouscule, me fait de la peine, me tord » (Aurélie Saada).

Tout au long de cette histoire, j’ai appris que c’est ça que j’aime raconter. Toucher au plus près des émotions et les rendre universelles. « Se balader au bord du précipice, embrasser son chaos pour en faire une œuvre ».

J’ai osé. J’ai lâché prise.

Je me suis surprise à aimer relire ce texte. J’ai demandé à ChériChéri si c’était bien normal tout ça. Il m’a rassuré. Des dizaines de fois je me suis laissée prendre au piège. Les émotions revenaient, intactes. Je ne savais pas ce que j’allais faire de ces textes. Jusqu’au 4 janvier dernier.

Il s’est alors envolé vers mes bêta-lecteurs dont les retours m’ont encouragée à élaguer, préciser, ciseler.

« Semer des graminées » c’est le recueil de mes pensées jetées sur papier. Le plus souvent alors que toute la maison dormait encore et que le jour n’était pas encore levé. La nuit seule pouvait accueillir ma peine et mon chagrin, ma colère, ma nostalgie, mes questions existentielles et mes fous-rires enfantins.

bannière-nathalie-longevial

Note de l’éditeur : Avec « Semer des graminées » Nathalie LONGEVIAL retrace avec poésie, émotion et amour les liens qui unissent un père malade à sa fille.
Sans jamais tomber dans le pathos ou l’impudeur et en faisant preuve d’autodérision et d’humour, l’auteure retricote les non-dits et colmate les fissures d’une relation touchante. Dans un style incisif aux phrases courtes,
un texte fort pour ne pas oublier de dire aux gens qu’on aime, qu’on les aime.

4ème de couverture :

Papa a un cancer.

Papa a un cancer et tout le monde se doute de la fin. De toute façon me direz-vous, il n’y a qu’une fin. Et à la fin, on meurt.

Papa a un cancer et c’est comme si j’écrivais : Papa va mourir.

Quand ? Bientôt ?

Papa a un cancer et c’est comme si j’écrivais « Papa est mort. » Déjà.

Ce livre n’est pas un roman.

Il n’y a aucun suspense.

Au début, vous connaissez déjà la fin.

Dans un prochain épisode, je vous raconterai l’histoire de la couverture. Stay tuned !

Pic by Aaron Burden on Unsplash

 

16 commentaires sur “Semer des graminées

  1. Ce 📖 sera un petit 🌦 qui éclatera sur nos joues et le 🌤☀️ brillera à nouveau dans ton ❤️ quand il sortira au grand jour. Et ma petite ⭐️ là haut sera très fière et brillera de mille feux…✨ et moi je t’m Pour tout ça

    Aimé par 1 personne

  2. j’ai hâte de le lire. Aujourd’hui, je suis hantée par mon cauchemar de la nuit dernière, mon père qui me demandait de l’aider à en finir, … il n’est pas malade à ce jour … Pourquoi ce cauchemar, pourquoi ces nuits hantées par des terreurs et des cauchemars depuis 1 mois, …
    Bref, tout ça pour dire que j’ai hâte de lire tes mots, tes maux, tes é-mot-tions, d’y deviner tes larmes, peut-être tes sourires, et d’y poser les miens, d’y laisser couler les miennes, …
    A très vite !

    Aimé par 1 personne

  3. Hou oui ! Ta présentation donne très envie de lire ce récit ! Ces émotions, si personnelles, ont cela d’universel qu’elles nous racontent à tous. C’est aussi ce qui m’avait bouleversée dans le roman si singulier de Delphine de Vigan « Rien ne s’Oppose à la Nuit ». Si intime et si transposable.

    Aimé par 1 personne

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