Vis ma vie d’auteur : Dédicace#2

9h00 : Bayonne. J’ai enfilé un pantalon fluide et un tee-shirt gris à l’encolure large, chaussé mes converses blanches et mes lunettes noires, arrangé une dernière fois mes cheveux en les ébouriffant, déposé dans un sac bien trop grand une culotte de rechange, une tenue au cas où et ma trousse de toilette.

9h05 : Je mets le moteur en marche. 3 heures de route m’attendent. À mes côtés, PetiteChérie, dans le poste Claude Nougaro. Direction Villeneuve sur lot où l’on m’attend pour une dédicace de « Semer des graminées ».

10H15 : J’ai pensé à mon ventre qui gargouille, tout le voyage.  Ma décision de ce matin de ne pas trop manger pour rentrer dans mon pantalon fluide n’était peut-être pas la bonne. En même temps il est fluide donc personne n’y verra que du feu. Ou alors c’est le trac. Non j’ai faim.  Arrêt à la boulangerie. La gentille vendeuse me dit que pour deux achetés le troisième est gratuit. Non merci c’est gentil. Vous êtes sûre c’est une belle offre… OUI JE SUIS SÛRE !

10h20 : Elle me tend mon sachet. P* j’aurais pas dû flancher…

10h25 : je repars après avoir installé une serviette sur mes genoux (rapport aux miettes sur mon pantalon fluide)(quand tu habites près de l’océan tu as toujours une serviette dans la voiture). Le pain aux raisins, je le déguste à petites bouchées. Les raisins explosent entre mes dents, le sucre craque. Franchement, ça aurait été dommage, il est très bon. J’aurais peut-être dû en prendre deux….

11h37 : Arrivée. Repas (j’ai bien fait de ne prendre qu’un pain aux raisins finalement) Bavardages. On parle du temps et on me fait remarquer que jusqu’à mon arrivée, il faisait beau, que j’ai dû ramener avec moi la pluie de mon pays basque.

13h20 : Je pense que je vais me changer. Je vais avoir froid. Le stress me donne froid et si c’est trop climatisé je vais mourir de froid. Des milliers de pics hérissent ma peau. Merci à ma tenue au cas où d’être là. J’enfile un jean (pas fluide du tout: P* de pain aux raisins) et un pull tout nouveau que j’adore. Je repimpe mes joues (je ne comprends pas où a foutu le camp le maquillage du matin, c’est quand même pas le pain aux raisins ?!) je fourrage dans mes cheveux pour leur donner un air vaporeux (sans succès) et remets du rouge à lèvres pas rouge.

13h35 : Nous passons tout près du centre hospitalier. Je jette un regard dans sa direction (je peux pas m’en empêcher) et m’attarde sur l’hôtel Ibis où une chambre doit encore sentir la fleur d’oranger (ceux qui ont lu « Semer des graminées » savent.) Nous arrivons au Centre Leclerc où l’on m’attend pour ma dédicace. Je trouve une place et mets plusieurs minutes à sortir, rassembler mes affaires, récupérer mon téléphone (à vrai dire, à ce moment-là, je me dis que je pourrais tout aussi bien prétendre que j’ai eu un accident et dire que je n’aurais pas la possibilité d’arriver). Un dernier regard dans la vitre de la voiture pour m’assurer que tout va bien… On va dire que oui. On ne va pas s’attarder sur le voile sur mes yeux, ou ma bouche qui dessine un drôle de rictus. Je pense à Lætitia et me demande si elle est déjà arrivée (Oui), je rentre à l’intérieur du supermarché, regarde sur ma gauche le salon de coiffure et reconnais E. P* de souvenirs. Dans le Centre Culturel je vois Lætitia converser avec Anaïs.

13h50 : Je dépose sur ma table 5 « vent fort », 10 « PQLV » et une vingtaine de « Graminées », mes marque-pages et mes sachets de graminées. Je souffle 3 fois. Je pense à ma garde rapprochée qui venait toujours faire « du monde », Christelle et David qui, pour la première fois ne seront pas là .

13h55 : Martine arrive. Nous ne nous connaissons pas mais une discussion s’engage. Elle m’explique le pourquoi de la canne qu’elle tient, me demande de lui parler de mon livre. Ce que je fais. En bredouillant d’abord, puis avec un peu plus d’assurance ensuite. Je dessine mes premières graminées, je m’applique. Je fais attention à ce que ma langue ne sorte pas de ma bouche comme je le faisais enfant. Je lui tends, on échange un sourire, un frôlement de main.

14h : Les lecteurs s’enchainent, les embrassades et les surprises aussi  : Babeth et Rosemary arrivées alors que je les pensais à des centaines de kilomètres de moi. Nos sourires, et les mots de Babeth sur mon livre et ma plume. Toute la journée je vais tenter de tatouer dans ma tête tout ce qu’on va me dire sur « Semer des graminées », ou alors les garder pour en faire une infusion à la fin du jour les soirs où ça tangue et où je pense qu’il vaudrait mieux que je balance mes rêves au placard. Viendront ensuite Laurence qui connait mon enfance et mon adolescence pour les avoir partagées et notre plaisir à nous retrouver, nous toucher, laisser couler nos yeux, Corinne et son sourire, Sandra une lectrice avertie, admin d’un cercle de 3500 lecteurs et Brigitte, François et Assunta les amis de toujours qui n’ont pas encore lu « Semer des graminées » pour cause d’orphelinat de père non guéri, une autre Martine et sa maman, Estelle, qui, entre ses larmes, m’explique à quel point elle a aimé mes graminées (un retour rare et précieux), Josette et mes soirées pyjama dans sa ferme, Alain, ami de papa qui m’a promis de le lire très vite, ma famille, toujours là pour me soutenir quand je crois que je ne vais avoir personne (à force, Ariane, Claude et Chantal vont m’envoyer bouler car je n’ai jamais de temps à leur accorder), les parents de Dorian, Jean-Pierre, Maxime, une inconnue qui parlait à la lune attirée par la couleur de mes cheveux (« couleur nuit de pleine lune »). J’ai eu la surprise de rencontrer 5 personnes qui l’avait déjà acheté et qui voulaient une dédicace et ça, vous savez, c’est très touchant de se dire qu’ils m’ont fait confiance sans voir ma bobine. Je demande à chacun de me laisser une trace d’eux et ils me dédicacent mon exemplaire de « Semer des graminées » avec bon coeur.

19h05 : Les tables sont rangées Laetitia, qui dédicaçait son livre « Toy Boys » à mes côtés, est repartie, j’attends d’avoir le document qui me permet de sortir avec le « Vent fort » qu’il reste et les 7 « PQLV ». Les « semer des graminées » resteront ici.  « C’est tout ce qu’il vous reste? » m’a demandé la jeune fille. « Oui » j’ai répondu sans savoir si c’était bien ou pas (c’était bien, pour celles qui tiennent les comptes, j’en ai vendu 16 si je n’ai oublié aucune barre, ce qui n’est pas sûr).

19h07 : Une dame fait la queue pour payer ce qu’elle vient d’acheter. Dalila (c’est son prénom) lit avec attention l’affiche qui expliquait mon livre, elle lit le coup de coeur écrit par Anaïs. Elle me regarde. « Ne me dites pas que vous l’auriez acheté… » Si me répond-elle. Heureusement j’en avais gardé un dans mon sac, je le sors, lui propose, griffonne une dédicace qui lui met les larmes aux yeux. Le monde est petit et parfois il suffit d’un rien pour se reconnaitre. Je lui donne mon adresse mail pour qu’elle m’écrive ce qu’elle en a pensé. J’ai oublié de lui donner mon exemplaire pour qu’elle me le dédicace à son tour. Tant pis, j’espère qu’elle me fera un mail.

19h19 : Je démarre la voiture. Le silence règne dans la voiture. PetiteChérie pose sa main sur la mienne. C’est reparti.

19h30 et des poussières : je suis au téléphone avec une amie, je passe devant mon ancien chez moi que je vois se dessiner en bas du vallon. Mon coeur ne se serre plus. Si je ne l’avais pas quitté, je n’aurais pas rencontré aujourd’hui tous mes lecteurs. Il faut parfois renoncer à quelques rêves pour en réaliser d’autres.

21h : Je suis chez ma maman depuis plus d’une heure, fatiguée, déjà en pyjama, les messages IG s’enchainent, ils sont beaux, touchants, précieux rares, je les épingle à ma mémoire pour m’en fabriquer des doudous. Vivement la prochaine dédicace.

5 octobre 2019 Centre Culturel Leclerc – Urrugne- 14h 18h … ou plus si affinités. Vous viendrez ?

 

6 commentaires sur “Vis ma vie d’auteur : Dédicace#2

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