Le voyage

Quand je sors de ma zone de confort, je segmente ce que je dois faire en plusieurs étapes, histoire de me motiver, et de repenser aux succès que je viens de remporter.

Pour notre départ à New York il n’en fut pas autrement. Parce que voyez vous, nous sommes parties à 2. Ariane aka PetiteChérie et moi. Donc mercredi soir, une fois bien installées dans le canapé parisien d’Inès, j’étais ravie de dénombrer 4 étapes remportées haut la main : faire tenir dans une valise cabine mes vêtements, prendre le train et arriver à destination sans trop de retard (35 minutes seulement contre 2h la fois précédente), prendre le métro, et rentrer chez Ines. Si la dernière étape vous semble anecdotique c’est parce que vous ne m’avez jamais vue en possession de clés. Les clés et moi nous entretenons un rapport assez étrange quelque chose entre l’attraction et la révulsion. Posséder une clé inconnue, c’est la probabilité d’un voyage vers l’inconnu et pénétrer dans un endroit nouveau. Le problème c’est que je ne sais jamais quelle clé ouvre une serrure et je ne sais pas faire la différence entre une clé de boîte aux lettres et la clé du garage. Heureusement, parfois les chats ne font pas toujours des chats et ma fille excelle là où je suis une nouille. Elle prit d’autorité le trousseau que je tenais dans la main et ouvrit la porte sans fanfare ni triomphe mais avec toute ma reconnaissance. Quelques minutes plus tard, en regardant une série Netfix (Living with yourself) et en comptant sur mes doigts, je constatai avec plaisir qu’il n’en restait plus que six à franchir.

Le problème c’est que les étapes se complexifiaient. Il y avait dormir suffisamment tout en se réveillant à l’heure souhaitée, prendre le Uber réservé la veille (et si finalement je ne l’avais pas réservé?), s’enregistrer (oui, vous allez me dire que j’aurais pu le faire sur internet)(vous auriez sans doute raison)(mais je ne l’ai pas fait) et passer la douane. Que des trucs super cools et pas du tout flippants. Et dire qu’il y a des gens, qui ne rêvent que de ça : partir !

Inutile de vous tenir en haleine plus longtemps, tout s’est très bien passé. À un moment, quelqu’un a dit à Ariane « vous avez été sélectionnée ». J’étais super contente, on allait peut-être être surclassées, ce serait vraiment top. Il y avait peut-être mon semeur de graminées qui veillait sur nous quelque part au dessus des nuages.« Vous avez été sélectionnée pour une fouille aléatoire à la douane » Ah super ! Le semeur devait être en train de faire la sieste sans doute. Je l’ai lâchement abandonnée dans la file en lui disant que j’allais m’installer puis j’ai guetté son arrivée pendant de longues minutes en me maudissant de l’avoir abandonnée. Heureusement, dans la famille nous avons été dotées de mini jambes, ce qui nous a permis de nous glisser sur nos sièges. Il n’y eut pas de trous d’air, le soleil qui nous a accompagné de bout en bout : un rêve.

Inès m’avait prévenue : en arrivant à JFK (j’ai maintenant la touristite fluent) ne t’énerve pas, ne t’impatiente pas, ça peut être très long. Je l’avais regardée interdite : j’étais donc si prévisible ?! Et bien je la ferai mentir. C’est ainsi que je suis restée super zen dans la file. J’en ai été récompensée puisque nous sommes passées en 45minutes à tout casser. Pour une fois, nous étions dans la file qui avance. Bon, j’ai quand même failli me faire embarquer quand à la question « combien de temps restez vous? » j’ai répondu « one year heu non pas du tout en fait, one week » Inès m’avait pourtant prévenue, « ne dis pas n’importe quoi ! Et si on te parle, dis que tu ne parles pas anglais. » À ce stade de mon aventure, il ne restait qu’une étape : prendre le taxi et retrouver Ines et Lucas.

Pour le prendre, Ariane m’a fait faire un truc insensé : passer sous un cordon de sécurité (comme on en voit dans les films pour contenir la foule lors des meurtres). Je me voyais déjà menottée, envoyée dans une prison du Texas avec du pain sec pour seule nourriture. Mais non, de l’autre côté une femme nous a simplement indiqué «ouindwinglow ». En tout cas c’est à peu près ce que j’ai compris. Ariane m’a entraînée vers le taxi N•6, lui a confié nos valises (on nous avait pourtant demandé de ne les confier à personne) et 45 minutes plus tard nous étions à Brooklyn Green Point.

Dans cette histoire, je me rends compte que j’ai oublié de vous raconter un truc essentiel, ce que j’ai ressenti quand du hublot à côté duquel nous étions installées, j’ai vu la Sky Line se dessiner. Je crois bien que j’ai pleuré.

3 commentaires sur “Le voyage

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