Yes man

Aux États-Unis, cette locution désigne quelqu’un qui est toujours d’accord avec son supérieur hiérarchique ou les leaders politiques. Pour moi, elle revêt une autre dimension : la possibilité de dire oui, au moment exact où d’ordinaire j’aurais répondu non. C’est comme ça que le 1er janvier, je me suis baignée dans l’océan Atlantique.

Il y a six mois, il m’a dit « voilà, je compte me présenter aux élections municipales, si tu es d’accord, je vais avoir besoin de toi. »


On sirotait du champagne, sur leur terrasse, le soleil brillait haut dans le ciel de leur campagne qui n’est plus la nôtre depuis près de quatre ans. Le clapotis de l’eau tenait compagnie à la langueur de notre dimanche et les hirondelles improvisaient pour nous un merveilleux ballet. ChériChéri a haussé un sourcil : il sait que je ne connais rien à la politique. Que bien souvent je m’emporte contre les politiques qui brassent l’air en s’écoutant parler. Alors, J’ai répondu vaguement que pourquoi pas et tendu mon verre pour qu’il le remplisse de champagne.

Son épouse, a ri, elle a dû se demander comment nous ferions pour rester amies quand il m’aurait râlé dessus ou quand je lui aurais avoué n’arriver à rien « parce que finalement, la politique c’est vraiment pas pour moi », quand j’aurais rayé des phrases parce qu’elles n’étaient que du vent et que je voulais du tangible, que je l’aurais bousculé (c’est souvent le problème avec les natives du Lion, elle l’est aussi, elle en savait quelque chose).

J’ai cru les choses tombées à l’eau. La date fatidique approchait et je n’avais pas encore de matière. je dois avouer que j’ai eu un regain d’espoir, qu’il ait trouvé quelqu’un d’autre pour écrire ce qu’il avait à dire.

Et puis voilà, après de nombreux sms, mails et heures passées au téléphone, après la profession de foi, un article de presse (signé par une Joëlle qui n’a pas écrit un traitre mot) et plusieurs discours, j’y suis, j’ai tenu un autre des mes « yes man ».

En ce qui les concerne, j’attends toujours une réponse à un autre, celui que je rangeais aux oubliettes depuis quatre ans, je crois que pour celui-ci c’est fichu. Mais l’important n’est-il pas d’avoir tenté ma chance ? Et puis, qui a dit qu’il fallait un stage pour écrire des chansons ? Il m’en reste encore des tas, comme de monter sur scène pour mon quinqua-show et plus près de nous, l’envoi de mon prochain manuscrit à des maisons d’édition. Je ne sais pas si j’aurais le courage encore cette fois-ci. Certains matins ça me parait très simple et le lendemain tout est remis en question. Tout me semble insurmontable : laquelle choisir, quoi leur dire, comment leur donner envie de me publier? Et puis, cette histoire franchement ? On en parle ?

J’avance et je recule et malgré toutes les histoires qui naissent dans les recoins sombres de mon cerveau j’ai toujours cette trouille stupide au moment de présenter mes textes aux éditeurs. Comme s’ils détenaient un pouvoir quelconque sur mes textes, comme s’ils détenaient l’autorisation pour que j’écrive.

Non, elle je la tiens de vous et des mots que vous déposez ici ou ailleurs sur mes textes.

Allez, racontez-moi un ou deux « Yes man » (qui n’a pas besoin d’être incroyable, juste la possibilité de dire oui, là où depuis des années vous répondiez non)

Pic by Randy Tarampi on Unsplash

5 commentaires sur “Yes man

  1. Comment ça tu n’auras pas le courage!?

    Pas beaucoup de “yes man” à partager en ce moment par ici , en tous les cas rien qui viennent à mon esprit!

    Ps : je suis curieuse de voir ce que tu as écrit pour une campagne électorale!

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  2. C’est exactement ce que je me suis dit « elle est culottée la Joelle !! »
    Mon dernier Yes Man je ne sais pas, mais je peux te donner le prochain : accepter la réunion de jeudi soir 😉
    (Du coup je vais y réfléchir et m’en faire une petite liste en commençant par ceux que j’ai réussi)

    Aimé par 1 personne

  3. Pas vraiment un Yes Man, plutôt un Yes Woman 🙂
    Je m’étais promis de faire une pause et de prendre du recul. Cela faisait deux ans que je regardais les autres de mon fauteuil et je n’envisageais pas de reprendre.
    Puis elle m’a dit « Dis, tu reviens jouer avec nous ? », et j’ai répondu Yes – je ne sais toujours pas vraiment pourquoi.
    Et me voilà à nouveau sur scène, à répéter notre prochain spectacle de théâtre…
    Engagement pris, il faut aller jusqu’au bout maintenant !

    Aimé par 1 personne

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