Petites considérations sans conséquences

Pour préparer la parution de mon prochain roman, je me suis replongée dans ce que j’avais fait pour Semer des graminées, histoire de voir ce qui m’attend si je décide de l’auto-publier sans même passer par la case envoi aux maison d’édition.

Pour lui, j’avais un rétro-planning de fou auquel je me suis tenue (ce qui n’est pas forcément évident pour moi) et qui m’avait permis d’avancer sereinement dans mon travail et sans doute, d’atteindre les près de mille lecteurs (oui, je sais à côté des best-seller ce n’est rien, mais j’ai dépassé la barre que je m’étais fixée et ça c’est top). J’avais fait des erreurs (n’est-ce pas Sophie, d’ailleurs as-tu cliqué sur Semer des graminées plus haut ? 😉 )

Et puis, je suis retombée sur le book trailer.

Je ne l’avais pas regardé depuis très longtemps, sans doute cet été, et ce matin, je ne résiste pas à l’envie de le faire exister encore un peu et de vous le proposer à nouveau.

Quand je regarde Semer des graminées en images, je retrouve intactes les émotions que j’avais éprouvées en travaillant dessus et ce qui a fait le chemin de ce moment de vie et l’essence de la genèse du livre.

Cette partie-là, bien que je n’y connaisse pas grand-chose en marketing, me manquerait assurément si j’étais publiée. Réfléchir à comment rendre le livre plus visible ou comment faire pour qu’il rencontre d’autres lecteurs, comment lui donner une autre envergure c’est compliqué, mais gratifiant quand on voit que ça fonctionne. Même à un petit niveau comme le mien.

Il en va ainsi de la couverture : comment laisser quelqu’un d’autre prendre les commandes, comment s’assurer qu’il a compris ce qu’on voulait transmettre ? Par exemple : j’ai lu un livre d’une auteure qui l’avait d’abord auto édité (et qui avait donc choisi elle-même sa couverture) (je l’ai beaucoup aimé et j’en ai parlé ici). Le livre a ensuite été repris par une maison d’édition avec une autre couverture. S’il avait eu celle-ci dès le début, je ne l’aurais jamais lu. Pire, je ne vois absolument pas le rapport qu’il y a avec le roman.

Je ne suis pas vraiment accrochée à mon texte comme certains auteurs peuvent l’être et pas du tout susceptible à son sujet. J’en suis d’ailleurs moi-même étonnée. Quand on me dit qu’il faut modifier des choses, je modifie. Point barre, je fais confiance (même si j’ai peut-être tort) (ok, le plus souvent j’efface ce qui n’a pas été compris).

Je ne suis pas d’accord avec les auteurs qui disent qu’ils n’ont pas à vendre leur livre et que le texte se suffit à lui-même, que ce n’est pas à eux de faire le taf. Mais alors, ce serait à qui ? Faire ce travail, c’est croire en son roman. C’est lui donner des jambes pour aller chercher le lecteur là où il est : sur son canapé, entouré de piles de livres qu’il a vu en tête de gondole dans les supermarchés, les librairies ou dans les émissions télévisées. Des livres qui portent souvent les mêmes noms en couverture (vous savez, les dix qui vendent le plus en France), qu’il retrouve année après année, convaincus que la routine leur évite les mauvaises surprises.  Le lecteur, il faut l’attraper par le colbac et lui dire, les yeux dans les yeux : « et si tu m’essayais, tu n’es pas à l’abri que ma voix te plaise, tu sais… »

La publication en maison d’édition (ne nous le cachons pas, vous et moi nous n’en sommes plus là) me donnerait sans aucun doute une légitimité/crédibilité/ une espèce d’autorisation/ tuerait le syndrome de l’imposteur qui me colle aux basques, mais elle me couperait aussi de cette créativité là. De l’idée comme quoi c’est possible de rester indépendant, par choix. Et d’en vivre (aussi) (hein) (parce que) (enfin, c’est une autre histoire) ( d’ailleurs, je ne suis pas certaine que les auteurs de ME en vivent aussi) (pas tous, en tout cas) (Ah quel dilemme)

 

Pic by Ariane Longevial

 

4 commentaires sur “Petites considérations sans conséquences

  1. dis, tu l’as envoyé au concours jeunes auteurs Librinova ou celui de la collection Préludes ? Ca peut être aussi une autre étape.
    Perso, je n’ai pas encore sauté le pas. J’écris pour moi, pour mon entourage, … AH si, j’ai été « éditée » dans des recueils locaux suite à des concours ou des participations à des expos, mais ça s’arrete là.

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