Une autre histoire

Je dois bien avouer que je me suis fait tirer l’oreille. Elle est revenue plusieurs fois à la charge « mais pourquoi tu ne le publies pas à nouveau? Il est introuvable et je t’assure, il pourrait faire du bien à des gens ! »

« Je sais pas, je lui ai dit, il existe, alors à quoi bon ? » Mon amie a insisté. Et un jour de février 2019, assise à la Médiathèque de Biarritz pendant que Mister T assistait à un stage de bruitage, j’ai dit « pourquoi pas ? » comme on dirait « demain il fera beau » en plein mois de novembre.

Avant tout, il fallait le retravailler, donner un intérêt à cette nouvelle forme et comme je n’avais plus le fichier initial, ma maman a retapé le petit livre jaune. J’y ai ajouté des textes, des nouveaux tout neufs, des écrits plus tard, après l’attente, j’ai ajouté un décompte jusqu’au jour J dont j’étais particulièrement contente car il montrait que la veille du jour J, j’avais bien failli tout envoyer balader. J’ai inventé de nouveaux titres de chapitres et poussé le comptage au-delà de la rencontre. Mais.

Mais. Mais. Mais. Sa forme ne me plaisait pas. Encore un journal ? Et quoi, je ne savais donc écrire que ça : des journaux intimes ? Il fallait toujours que le fil de l’araignée soit intrinsèquement lié à ma vie  pour que j’écrive ? Et ça se dit écrivaine, ça, madame, entendais-je de la part de certains, alors que je n’étais pas tout à fait prête à accepter leurs sarcasmes. Même si, comme vous le savez, je ne revendique pas du tout ce titre que je laisse à celles et ceux qui ont un éditeur, il ne fallait pas non plus exagérer. Je l’ai déposé sur le coin de mon bureau et je l’ai oublié.

Nous sommes partis au Vietnam. Sans ordinateur, avec un carnet que je n’ai jamais ouvert et des yeux qui se remplissaient de larmes trop souvent. Et, alors que nous découvrions le pays à travers ses yeux à lui, il s’est pointé. Je ne sais plus vraiment à quel endroit. Dans le couloir du Somerset ? Près du poteau du temple ? À l’orphelinat ? Ailleurs ? Ici ? En plein cœur du typhon ? Là ? Sur le Mékong ?

Il m’a pris par la main. Déjà, je lui trouvais une belle prestance, il me soufflait une nouvelle histoire, celle de Mathilde et Alexandre.  Il était comme ces vietnamiennes qui semblent glisser sur le sol quand elles marchent, comme ces enfants qui courent dans les rues, comme les fils électriques qui s’embrassent dans le ciel de Hanoï. Il a accroché un hameçon entre lui et le dessous de mon sein gauche.

J’ai commencé à l’écrire en septembre, en décembre il était terminé. Quand j’ouvrais le dossier Word, il s’appelait « Roman à deux voix« . Puis il s’est appelé « Même la nuit est un soleil » avant que je change le titre, parce que par trois fois dans la même journée on m’a demandé de qui était la citation. Je ne voulais pas repartir sur la même idée que pour « Parce que la vie n’existe pas » alors je l’ai envoyé bouler et lui en ai trouvé un autre, de l’autre côté du monde, chez Maurice. Un titre tiré du livre, une invention à moi (vous savez que je n’aime rien plus que d’inventer les mots qu’il manque à notre belle langue) Un bien plus fort et bien plus beau aussi. Un qui me convient mieux en tout cas et j’espère qu’il vous plaira.

Le manuscrit a fait des allers-retours entre mes bêta lectrices et moi, entre Fanny ma relectrice correctrice et moi. Il est parti à la rencontre de deux maisons d’édition, mais ce n’était pas le moment, le coronavirus avait frappé et la patience n’étant pas l’une de mes qualités principales, j’ai préféré renoncer sans avoir reçu de réponse.

Ce matin, la bannière du blog a changé et a pris les couleurs du roman qui sortira le 12 juin 2020. Ce jour-là, j’espère que vous prendrez Mathilde et Alexandre dans vos bras pour ne pas qu’ils aient peur. Je vous rassure, vous ne devriez pas pleurer et grâce à lui, vous pourrez voyager et faire plus de 100 km.

Attrapez le fil rouge, cette fois-ci, je vous embarque en Adoptie.

Rendez-vous très vite pour découvrir le titre, la couverture et la quatrième de couv’ ❤

Pic by Ariane Longevial

 

 

6 commentaires sur “Une autre histoire

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