La fausse interview

J’aime bien les questions que l’on ne pose pas aux gens qui écrivent. Les questions qui n’ont pas vraiment d’intérêt sans doute, ou celles dont on pense qu’elles sont trop personnelles. Et comme encore cette année aucun journaliste ne m’a sollicitée, je m’y suis collée…

Est-ce que vous vous souvenez du premier texte que vous avez écrit ?

Oh oui. Je venais de refermer un livre d’Anna Gavalda. Je ne sais plus lequel… Sans doute La Consolante. Il était six heures du matin et je crois que c’était un mardi. Non, je suis sûre que c’était un mardi. À cette époque-là j’écrivais tôt le matin, et le son des pieds de mes enfants martelant le sol me donnait le signal de la fin de ma séance d’écriture et le top départ de ma journée. C’est le premier texte que j’ai publié sur mon premier blog (NDLR : avant Vent Fort, Mère Agitée) et je l’ai encore dans un dossier. D’ailleurs je suis tombée dessus il y a quelques jours, c’est amusant que vous me posiez cette question. Il y a des textes comme ça qui ne se laissent pas oublier.

Vous avez toujours voulu écrire ?

Petite, j’ai fait ce rêve, comme tout le monde j’imagine, mais ce n’était pas une obsession. Je griffonnais des mots et je froissais les pages. Il me semblait que c’était ça, le travail d’écrivain. Et puis j’ai grandi. J’ai fait autre chose avec beaucoup de bonheur. Petit à petit, c’est devenu plus évident. Je me souviens avoir été malade et m’être dit « voilà, tu as une semaine pour écrire ton roman ». Bien sûr ça n’a pas marché, cela aurait été trop simple. Mais depuis ce jour-là, j’écris tous les jours.

Les Mèreveilleuses, votre nouveau livre qui sort vendredi 12 juin, est-il un roman ou une biographie ?

Dans Les Mèreveilleuses, je dis la vérité en mentant un peu, ou je mens en me servant de la vérité (rires). C’est toujours la question que se posent les lecteurs : est-ce que ce qu’elle raconte est vrai ? C’est vrai, puisque je l’écris et que c’est l’ultime privilège de celui qui écrit que de raconter sa vérité. C’est vrai, parce que j’utilise toujours ce que je connais, je serai absolument incapable d’écrire sur les aventures d’un alpiniste (je tombe dans les pommes en arrivant en altitude) ou sur la vie des cétacés. C’est toujours cette histoire de fil de l’araignée avec lequel elle tisse sa toile. C’est faux aussi, parce que j’invente. Toute la partie de l’enfant, par exemple est totalement tirée de mon imagination… enfin, presque 😉

Quel est le mot que vous avez le plus utilisé dans Les Mèreveilleuses ?

Hou la la, elles sont compliquées vos questions… je ne sais pas… sans doute attendre ou attente ou enfant ou aimer ou… en fait, je ne sais pas….

Comment on fait pour choisir le nom de ses personnages?

Ça vient tout seul. Pour Mathilde et Alexandre, je n’ai pas réfléchi ils se sont imposés. Pour celui de l’enfant je voulais quelque chose qui veuille dire quelque chose parce que les prénoms vietnamiens ont tous une signification.

Quel est le texte que vous préférez ?

Je serai tentée de dire que c’est toujours le prochain, celui que je n’ai pas encore écrit mais qui sera tellement bon, qu’il sera forcément un best-seller. « Parce que la vie ne suffit pas » a beaucoup de défauts : j’ai voulu trop bien faire, il est confus et franchement on pourrait se passer d’une bonne vingtaine de pages, mais je l’aime bien parce qu’à l’intérieur il y a tous mes doutes, toute mon envie de bien faire et tout mon espoir aussi. Pour « Vent fort, Mère agitée » qui a déjà 8 ans et pour lequel j’ai été accompagnée par une maison d’édition, les choses sont différentes. J’aime bien ce qu’on en a fait, il y a les dessins de mes enfants, des phrases entendues, c’est un objet un peu magique. On ouvre sur une page et on lit, il est complètement décousu et il renferme une des parties les plus passionnantes de mon ordinaire vie. « Semer des Graminées » est un texte court, facile à lire et porteur d’émotions. Il a fait frémir de nombreux lecteurs et il a une place particulière dans mon cœur. Quant à Les Mèreveilleuses, moi je l’aime, mais je ne sais pas quel sera son accueil et ce sont les lecteurs qui font exister le livre…

Vous utilisez ce que vous connaissez ? Il y a encore beaucoup de choses à raconter ?

Ah, ah, ah, oui. Il y en a encore des tonnes. En fait j’utilise des choses que j’entends, que je vois, qu’on me raconte, et ça, ça ne s’arrête jamais. Et puis « Je » n’est pas toujours une femme, alors ça change la donne.

Qu’est-ce qui vous fait peur ?

Justement, de ne plus avoir rien à raconter. Quand je termine un texte, je me demande pendant des mois quelle histoire je vais bien pouvoir raconter après. J’ai toujours peur de ne pas trouver. Même si j’ai compris que ça revient toujours. Je mène deux manuscrits de front et il y en a toujours un qui lâche l’affaire. Ça a été le cas pour le prochain. Je n’avais pas du tout prévu de l’écrire, je travaillais sur un autre projet, mais je me suis mis trop de pression et il a lâché, j’espère pouvoir le reprendre un jour.

J’aurais plutôt pensé à la réaction des lecteurs…

Oui, ce n’est pas faux, mais j’ai appris à lâcher prise avec ça. D’abord parce que je suis auto éditée et auteure inconnue, mes lecteurs ne se comptent pas en millions et mon lectorat est plutôt bienveillant à mon égard. Mais aussi parce qu’écrire un livre c’est beaucoup de travail et de doute. La première personne que je dois contenter, c’est moi. Si je commence à penser aux lecteurs (ce que j’ai sans doute trop fait avec PQLV), je me noie.

Quel est le meilleur conseil que lon vous a donné ?

Les conseils, ça va, ça vient. Ils changent en fonction de ce qu’on a besoin d’entendre. Il y en a eu beaucoup mais une fois que je les ai intégrés, je les oublie. Le plus récent c’est « Ne lâche pas le fil et déroule l’histoire ». J’aime bien les histoires de fil rouge.

Pourquoi faut-il lire « Les Mèreveilleuses » en 5 mots?

Alors, peut-être pas 5 mots, mais en 5 phrases :

  1. Parce qu’on a tous besoin de lire des histoires qui font du bien. Non ?
  2. Parce qu’on est toutes des Mèreveilleuses.
  3. Parce que c’est une histoire sur la différence et qu’en ce moment on a bien besoin de l’entendre raconter d’une jolie façon.
  4. Parce que c’est une histoire de résilience et de hasard, et donc, par extension de rendez-vous.
  5. Parce que c’est une histoire de fil rouge et vous savez à quel point j’aime les histoires de fil rouge.

Les Mèreveilleuses sort le 12/06 (demain, donc). Il sera commandable au format numérique assez facilement sur les sites de vente. Pour le format papier n’hésitez pas à aller chez vos libraires préférés, mais il mettra un peu de temps à arriver car c’est votre commande qui génère sa fabrication (et on ne fabrique pas pour une seule commande, l’imprimeur attend qu’il y en ait plusieurs) (donc, plus vous serez nombreux à le commander, plus ça ira vite 😉

Et puis, merci de votre aide ❤

11 commentaires sur “La fausse interview

  1. C’est une super idée cette « fausse » interview!
    Et puis je suis certaine que plein de lecteurs ont déjà pensé à poser ce genre de questions sans oser.
    J’ai écris plein de choses après avoir lu Anna Gavalda…
    C’est déjà demain!! Super!!

    Aimé par 1 personne

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