Bonjour

Plusieurs fois, j’ai pensé à revenir. J’ouvrais mon ordinateur, je cliquais sur l’icône qui correspondait, une espèce de w blanc et bleu et avant qu’on ne me demande les codes et tout le toutim, je repartais bien vite. J’avais peur de je ne sais quoi. Du nouveau papier peint que les administrateurs avaient posé sur mon interface sans mon accord très certainement. Ou bien était-ce de la poussière et des traces de doigts que je trouverais un peu partout, des interrupteurs dont j’avais oublié la place sur les murs, des petits fantômes qui risquaient de surgir sans que je ne les y invite ? Peur de ne plus savoir m’y prendre. De ne pas retrouver mes marques. De ne rien avoir à dire. En vérité, je n’y pensais pas la plupart du temps. Y avait-il eu un blog quelque part ? Oui, ça me rappelait quelque chose. « Et alors, tu n’écris plus ? » me demandait-on parfois par message. Si, si, bien sûr que si mais pas là-bas. Le livre s’était peut-être refermé avec Les Mèreveilleuses, l’histoire qui en 2008 m’avait fait ouvrir un blog.

Certains matins j’ai vu mes stats s’affoler et prendre de la hauteur alors que je bronzais au plus près de la Méditerranée. Certains soirs, je m’endormais un peu honteuse de laisser sans nouvelles des gens que j’avais invité chez moi et que j’avais installé sur mon canapé un peu défoncé que j’adore et dont j’aimais tellement les commentaires en fin d’article.

Il y eut une ou deux fois où je me suis dit : « tiens, ça, je leur dirais bien. » Alors, je préparais de longs monologues dans ma tête dans la queue du supermarché, ou j’alignais en pensée les images dont je voulais vous parler depuis mon balcon sur la mer et puis, j’oubliais. Un peu de flemme me direz-vous. Même pas. Puisque j’écrivais ailleurs. Alors, c’est quoi ? Et bien après tout ce temps, je ne sais toujours pas.

Ce matin, je me suis levée sous un ciel incroyable comme il en existe tant mais qu’on ne voit pas toujours, trop occupés dans nos vies à 100 à l’heure. Il y avait beaucoup de choses qui tournaient dans ma tête. À commencer par les mots et les questions en suspend depuis juin, de celles dont on voudrait tellement avoir la réponse au plus vite. Hier ce serait bien. Je venais de rêver que nous passions des vacances dans notre ancienne maison. Jusque-là rien à dire. Je connaissais parfaitement l’emplacement de chaque chose (et surtout la place des interrupteurs), étrangement les nouveaux propriétaires avaient conservé nos canapés et nos meubles et jusqu’à nos serviettes de bains, étalées autour de la piscine. Dans mon rêve, je me levais aussi et j’ai regardé par la baie vitrée de notre ancienne chambre (c’est une manie que j’avais alors) et j’ai vu des phares suivre le petit chemin blanc. Les propriétaires arrivaient et ils n’étaient pas au courant de nos vacances improvisées. J’ai fait un rapide tour de maison : tout était en ordre, peut-être même encore mieux rangé qu’à notre arrivée. Mon mari refusait de se lever, c’est donc moi qui ai dû accueillir chez eux Mr et Mme B. Vous trouvez ça rigolo. Vous avez raison, ça l’est. En me levant pour de vrai, j’ai raconté le rêve à mon mari. Il a souri tristement parce qu’il connait la suite, ce genre de choses m’arrive au moins une fois par trimestre et me laisse un peu étrange : comme si j’avais laissé une part de mon âme là-bas, dans les immenses prairies qui encerclaient la maison. Je lui ai dit : il faut que j’écrive la-dessus et que ça me sorte de la tête!

Alors voilà. Comme je ne me voyais pas en faire un roman, ni même une nouvelle, vous me direz combien je vous dois pour la séance de psy.

Des bises et sans doute à un de ces jours, maintenant que j’ai retrouvé la place des choses.

7 commentaires sur “Bonjour

  1. Bonjour Nathalie, un grand plaisir pour moi ce matin en découvrant un mail de toi , immédiatement je prends le temps de te lire et là une émotion me traverse , ton mail à fait vraiment écho en moi 🙂
    Je souhaitais partager celà avec toi et surtout te dire MERCI ( combien pour la séance de psy 😉 )

    Aimé par 1 personne

  2. Oh joie! Je suis affalée dans mon canapé, un peu déroutée par ces vacances à l’envers, et je tombe sur ton texte qui remet les choses à leur place, « enfin Nathalie est revenue! « ; c’est bien mieux qu’un traitement antidépresseur ! Tu vois, on est quitte 😉

    Aimé par 1 personne

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