Histoire de blog

Elle était dans sa chambre, moi dans le salon. J’avais installé mon tapis de yoga, elle se changeait. J’entendais vlogburckin? Je l’ai fait répéter. Une fois « tranmpodabing? », deux fois « polingraboum? », trois fois. J’ai pesté après mes oreilles qui ne comprenaient rien et mon cerveau qui ne cherchait même plus à faire le lien entre des mots et une phrase simple. J’ai penché la tête dans le couloir: « Tu disais quoi? » « En fait tu l’as complètement laissé tomber, ton blog ».

J’ai baragouiné que vraiment je ne savais plus quoi raconter. Que non, bien sûr que non, je ne l’avais pas laissé tomber, que j’allais revenir. Mais que je ne savais pas quand. C’est dommage, elle a dit, c’était chouette.

Karine, la prof de yoga est arrivée, elle s’est assise sur son tapis, j’ai rejoint le mien et j’ai pu réfléchir tranquillement. Oui, parce que certains se détendent quand ils font des asanas, moi, je réfléchis et des fois c’est fatigant.

Hier, c’était pas spécialement fatigant et pendant une position dont j’ai oublié le nom (parce que je ne retiens jamais le nom des positions), j’ai compris : je crois que j’ai du mal à revenir parce que je ne vous ai pas tout dit. Comme si l’omission m’empêchait de vous raconter les trucs tout simples dont je me régale d’ordinaire. Alors voilà. Je me lance. Les Mèreveilleuses est sorti le 12 juin en auto édition. Ça vous le savez, ce n’est pas un scoop. Ce ne fut pas très simple parce qu’il y a eu le covid et parce que j’ai enchainé les soucis. Mais bon, il a fini par voir le jour. C’était un vendredi.

Le mercredi qui a suivi nous avions yoga. Je me souviens que cette séance avait été particulièrement agréable, mais comme une véritable junkie du téléphone, j’ai attrapé mon mobile qui gisait inconscient au fond de mon sac. J’ai ouvert deux ou trois applications (histoire de vérifier que rien de fâcheux ne s’était produit pendant que j’avais la tête au sol et que le monde tournait toujours aussi étrangement ) et j’ai ouvert mes mails. Putain de bordel de merde, j’ai dit. Elle m’a regardé horrifiée parce que chez elle on ne jure pas. Je ne me suis pas excusée, elle, en revanche, attendait une explication. « Je suis sélectionnée », j’ai dit. Je crois qu’elle a su tout de suite ce que ça signifiait.

Alors voilà, Les Mèreveilleuses se trouve depuis le 17 juin dans la short list du MazarineBookDay 2020. Putain, c’est parce qu’au départ ça fait zing, bam et boum dans ta tête. Bordel parce qu’enfin, enfin, un éditeur croyait en moi, en ma façon d’écrire et dans une de mes histoires. De merde c’est parce que je l’avais édité, et peut-être qu’il fallait pas qu’il existe, et peut-être que ça leur plairait pas, et peut-être que ceci et que cela. Le lendemain à 10h12 j’ai envoyé le manuscrit complet tel que demandé. J’ai arrêté de faire de la promo pour le livre, et j’ai attendu. En rentrant de vacances j’ai rencontré Zoé Brisby (la gagnante 2018) et je lui ai tout raconté. Elle m’a répondu que c’était génial, que c’était une grande chance parce que même si je n’étais pas choisie, c’était un énorme pas. J’entrais dans la cour des grands … enfin, des édités, elle a dit.

Et puis re zim, bam, boum dans ma tête. Quelques semaines plus tard, je recevais un appel : un autre éditeur voulait éditer Les Mèreveilleuses. J’avais attendu ça depuis si longtemps et voilà que je me trouvais dans le pire des scénarios : j’allais devoir faire un choix.

Entre contre temps, retards divers et variés, maladies des uns et des autres et vacances d’été, j’ai patienté. j’ai patienté, patienté et encore patienté. Putain, si vous saviez comme j’en ai marre de patienter! Aujourd’hui, je crois que le message est clair : je ne suis pas choisie par Mazarine. Je sais, vous allez me dire que cette année y a le Covid et que rien n’est pareil. Trop souvent le Covid est devenu une excuse et en plus c’est une bonne excuse. Au 15 août j’ai dit « bah, ils sont encore en vacances ». Au 20 août j’ai dit « il faut bien qu’ils débriefent ». Au 1er septembre j’ai pensé qu’ils venaient juste de rentrer et que du coup, ils débriefaient encore, au 14 septembre, j’ai pensé « bon, beh c’est pas moi ». Je ne veux simplement pas imaginer que la ou le gagnant.e ne sait pas qu’il a été sélectionné. Je suis sûre que le gagnant est choisi et que ce n’est pas moi. Point barre. Mais c’est déjà une grande chance bla, bla, bla.

L’essenteil dans tout ça, c’est que Les Mèreveilleuses va être édité. Un jour. Bientôt. Sans doute avant Noël. Par une jeune maison d’édition. J’ai tout raconté à l’éditrice. Je ne voulais pas la prendre en traitre. Elle a été formidable, elle m’a laissé le temps avant de prendre ma décision. Et ça, c’est quand même une super bonne nouvelle.

PS: Sinon j’ai reçu un retour négatif de Calmann Levy-Kero pour mon prochain roman. On va dire que c’est pas grave, hein? Parce que chez Calmann Levy- Kero ils ne doivent vraiment, mais alors vraiment pas aimer mon style pour les avoir tous refusé. Et moi, j’attends d’un éditeur qu’il aime mon texte et le défende.

Pic by Karl Muscat on Unsplash

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