J’ai eu quatre ans

Cet été, un événement est passé inaperçu. J’ai eu quatre ans.

Quatre ans de vie au Pays Basque. Quatre ans de ciel blanc dont on dit « ciel basque », de ciel couleur de pluie que l’on qualifie de « ciel basque ». Quatre ans de « pfff, quel temps … » et de course botte de pluie au pieds pour se mettre à l’abri sous un balcon. Quatre ans d’été indien aussi où l’on s’exclame sur la couleur du ciel, persuadés que nous sommes de ne jamais en avoir vu un aussi beau. Quatre ans de « vient on va voir l’océan » et de « moi j’adore le jambon ».

Parfois je me demande ce que serait ma vie si nous n’avions pas fait le grand saut un jour de 2016, si nous n’avions pas décidé que c’était ici que nous commencerions une autre partie de notre vie, à l’ombre d’un vitrail coloré de Cambo et nos pas cognant contre une mosaïque classée. Que se serait-il passé si j’avais rebroussé chemin quand nos voisins nous croisaient sans nous adresser la parole sur le trottoir alors que nous partageons un mur de nos maisons. Il se serait passé quoi si j’avais repris mes valises quand les gens que j’aime me manquaient terriblement? Que serait-il advenu si j’étais rentrée quand j’ai compris à quel point ne pas voir l’horizon, le soleil se lever et se coucher chaque jour, les grands espaces et l’herbe qui s’agite dans les champs, la nuit noire et les étoiles filantes me manqueraient autant chaque jour. Si, à la peur affreuse de ne pas pouvoir dire au-revoir à Maminette ni à papa parce que trop loin pour rentrer au bon moment, j’avais renoncé .

Je crois que Bayonne n’a jamais failli à ce que je venais chercher en arrivant ici, c’est-à-dire moi. Je sais, dit comme ça c’est très grandiloquent. C’est très romantique aussi. Mais pourtant ce n’est pas très loin de la vérité. Je venais chercher la quinqua que je voulais être. Pas tout à fait la même que la quadra ou la trentenaire que j’avais été. C’est grâce à son souffle gai que je me suis assise à mon bureau et laissé derrière moi le burn out qui m’avait insidieusement croqué,. Grâce à elle que j’ai osé poser mes doigts sur mon clavier, oser porter aux yeux des lecteurs ce qui me mouvait. Quatre ans ce n’est pas grand chose à côté des trente passés ailleurs et je resterai toujours la fille du Lot et Garonne pas tout à fait à sa place ici. Mais quatre ans, c’est peut-être une étape, parce que quatre ans c’est l’âge qu’avait Mister T quand il est arrivé dans notre vie. Alors bien vite, je balaye les et si parce que notre nouvelle vie c’est à lui que nous la devons. Lui et ses yeux extraordinaires qui avaient besoin de gens qui l’étaient tout autant pour l’accompagner.

Je ne prends plus beaucoup de photos de Bayonne alors je partage trois anciennes que j’adore issues de mon IG.

4 commentaires sur “J’ai eu quatre ans

  1. Moi je bénis ce jour où vous avez pris cette décision de venir vivre sur la côte basque ! Je ne connaissais pas la Nathalie d’avant mais celle de maintenant, la quinqua que tu voulais être , est une amie que je suis heureuse de connaître!
    Dire que j’avais pas vu ce post !

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