Apprendre à écrire

« Dans les questions idiotes qu’on te pose, j’en rajoute une : comment as-tu appris à écrire ? (Tu m’as bien comprise, inutile de me raconter tes mémoires de CP) » m’a dit Maman 3.0 en commentaire d’un texte issu « Des Amies de ma mère« .

D’abord, je ne trouve pas que ce soit une question idiote et c’est une question que l’on pose souvent à ceux et celles qui écrivent et à laquelle je vais tenter de répondre. Alors, comment ai-je appris à écrire ?

Comme tout le monde en CP. Oui, je sais, rien d’exceptionnel là dedans. Comme beaucoup de gens j’aurais bien voulu écrire un roman à l’adolescence, un recueil de nouvelles à vingt ans ou des chansons à trente, mais je ne l’ai pas fait, j’étais trop occupée à tomber amoureuse et à embrasser les garçons, à faire des enfants et à gagner des sous et des galons.

Les premiers textes que j’ai écrit, je les ai écrits pour moi, souvent très tôt le matin avant que mes enfants ne se lèvent. Grâce à eux (mes textes) j’ai pu admirer des centaines de levers de soleil plus magnifiques les uns que les autres. Ces textes, je n’avais aucune intention que quelqu’un les lise et c’est sans doute le secret pour se lancer. Le faire pour soi uniquement, sans espoir de retour. Je le faisais dans des carnets que j’égarais ou jetais obstinément. Puis, j’ai commencé à écrire un journal intime sur internet (Vent fort, Mère agitée) de ce qui se passait dans ma vie. C’était en 2008, nous étions en procédure d’adoption et les blogs venaient de naître. Écrire, c’était le seul moyen pour ne pas que je devienne folle pendant l’attente. Il se trouve que les textes quasi quotidiens que je déposais sur mon blog ont trouvé un écho dans la sphère de l’adoption. Alors j’ai continué. En parallèle je lisais beaucoup. J’ai toujours beaucoup lu. Je m’amusais à réécrire certains passages de livres à ma façon, j’inventais des suites improbables, et je griffonnais des chansons.

J’ai assisté à quelques ateliers d’écriture ici ou là, à la master-class d’Eric Emmanuel Schmitt en 2016 (1ère session), participé à des défis d’écriture, jusqu’à ce que j’intègre celui de Philippe Vilain avec Les Mots en septembre 2019. Je dois à Philippe les premiers sentiments selon lesquels j’étais parfaitement à ma place. C’était la première fois qu’un écrivain me disait « c’est bien ce que vous faites, continuez comme ça. » Grâce à lui Les Mèreveilleuses est ce qu’il est, a eu la chance d’être finaliste du concours du Mazarine book-day et a trouvé un éditeur (sortie le 14 avril 2021). Entre temps j’avais écrit trois livres (Vent fort, Mère agitée, en maison d’édition, et Parce que la vie ne suffit pas et Semer des graminées qu’aucune maison d’édition n’avait retenu) et j’étais passée de « Pourquoi pas moi? » à « Pourquoi pas moi! » quand je lisais certains livres d’autres auteurs.

Je crois réellement qu’écrire s’apprend. Quand un premier roman sort, il faut savoir que c’est souvent le dixième ou le douzième de l’auteur. J’ai écouté Serge Joncour (Prix Fémina 2020 pour Nature Humaine) dans Passage des Arts, dire qu’il avait envoyé des dizaines de livres avant qu’un d’entre eux ne soit retenu. Il prétend que l’éditeur a eu pitié de lui quand il a publié son texte qui n’était pas top, qu’il lui a donné une chance de faire mieux, d’être vu. Oui parce que vous savez quoi, on se bonifie avec le temps, parce que c’est en forgeant qu’on devient forgeron. Parce que la vie ne suffit pas était mon premier roman et je crois qu’entre lui et ceux venus après il y a énormément d’évolution. Dans le premier on veut montrer de quoi on est capable mais l’écriture ce n’est pas ça. Écrire c’est accepter de ne pas penser à ceux qui liront le livre et se faire plaisir à soi d’abord. Écrire c’est accepter d’aller fouiller au fond, là où ce n’est pas toujours beau, où il fait noir et froid, écrire c’est remonter à la surface et trier ce qu’on a trouvé. Écrire, c’est prendre du recul, travailler et retravailler longtemps. Écrire, c’est accepter lâcher-prise.

Si vous avez d’autres questions, je serai ravie d’y répondre (et ça me fera des sujets d’articles ;))

Des bises (et on ne se voit pas demain ni dimanche pour un cadavre exquis ou les devoirs parce que vous savez-quoi ? Demain le confinement est terminé !)

5 commentaires sur “Apprendre à écrire

  1. Merci ! Je suis ravie d’avoir posé une question pas totalement idiote, non je suis surtout ravie d’avoir eu une réponse.
    Et tant pis pour les devoirs du week-end, j’aimais bien me poser des questions existentielles.

    J'aime

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