Un peu de rien

Une semaine que je ne suis pas venue ici et je ne l’ai pas vue passer. Le temps file d’autant plus vite que je n’arrive pas à mettre grand-chose entre un mardi et un jeudi. Un déjeuner en bonne compagnie, de la musique, un partage avec une écrivaine pour travailler et avancer ensemble, des questions qui reviennent sans cesse au sujet d’un reconfinement ou d’une autre mesure et au bout, une perte de motivation certaine. Des lectures (le dernier Besson qui ne m’a pas convaincue), des coups de téléphone et des séries. Je ne sais pas quoi vous raconter parce que je n’ai rien à vous dire. Alors je m’efface. Je me fais toute petite. Je ne poste plus sur Instagram non plus. Bref, un gros coup de mou.

Cette nuit j’ai rêvé en espagnol. La mémoire me travaille. Les r roulent et les j grattent. Les images se construisent lentement autour de mes deux héros Dorotéa et Crescencio. Je relis les poèmes qu’il a écrit pour elle et leur fille, la seule qu’il ait connue jusqu’à ce que débarque en France, là où il avait trouvé refuge, une autre petite fille qui lui ressemblait trait pour trait, conçue avant son départ, elle avait 10 ans lors de leur première rencontre. C’était ma belle-mère. Je me dis que c’était peut-être déjà une histoire d’adoption.

J’ai écouté hier sur France inter, Camélia Jordana chanter une chanson de Dalida, mourir sur scène, l’une de mes préférées (et je connais quelqu’un qui ne pourra qu’approuver). Je vous la mets, parce que c’est très beau.

Depuis quelques temps j’écoute France Inter le matin. Je me fais penser à mon père. C’est étrange.

J’écoute aussi beaucoup de tango. Celui de Carlos Gardel. Et quelque chose se passe en moi, c’est comme si je connaissais déjà les paroles, la musique. Mon corps se trémousse et danse le tango alors que je ne sais pas le bouger. Allez, je ne résiste pas à vous mettre Por una cabeza.

Quand j’y pense, il doit y avoir un truc entre le tango et moi parce que souvent j’écoute Astor Piazzola et notamment Libertango à fond bien sûr (c’est le premier morceau qui est le plus connu et le tout dure 35 minutes, vous avez le droit d’arrêter avant 😉 Ah et puis aussi Tango pour Claude de Ricahrd Galliano. Finalement ce ne doit pas être une coïncidence si le titre de mon futur roman est pour l’instant « Tango pour Doro » (de toute façon, je ne crois pas aux coïncidences.) Ou alors c’est un truc avec l’accordéon…

Les voisins ont décanillé la haie qui nous séparait d’eux. Maintenant je peux prendre mon thé dans leur cuisine sans quitter mon bureau. C’est bizarre. Je crois qu’ils n’apprécient pas, ils n’avaient sans doute pas prévu que je passe autant de temps dans cette pièce. Quand j’en parle à ChériChéri, il me dit qu’ils n’ont qu’à mettre leur cuisine ailleurs. Et oui, du coup, ils doivent me voir me trémousser sur le tango. Elle doit vraiment se demander ce que je fabrique… Allez, je file me trémousser, et vous, ça va comment ?

Pic on Unsplasch

9 commentaires sur “Un peu de rien

  1. Quand j’entends la musique d’un tango j’ai d’abord un pied qui bat la mesure puis le corps tout entier et après les images de ma mère qui danse avec mon père à la façon d’autrefois.
    Belles musiques

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  2. ça va comme toi… sans le tango ! Engluée dans une espèce de présent qui a du mal à se faire un avenir, le nez sur mes cahiers ou mon ordi avec l’impression d’écrire du médiocre. Heureusement mes petits-enfants mettent un éclat de soleil dans tout ça quand je les vois, mais il faut que je vive ma vie…et en ce moment elle n’est pas trépidante. Une lecture en cours qui sans doute n’aide pas mais qui est hypnotique : Le mur invisible, de Marlen Hausofer. Des bises !

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  3. Moi ? Tout aussi mou que chez toi, et la météo n’arrange rien, je n’arrive pas à lire, j’ai même pas réactivé Netflix cet hiver, j’écoute un peu de musique mais elle me met vite le bourdon, je range ce qui s’est dérangé depuis mars dernier, bref je me fais des noeuds à la tête et ça a fait germer des idées de macramé : le truc complètement improbable, alors hier j’ai fait des noeuds tout l’après-midi, j’ai regardé des tutos et rien d’autre, ben j’ai passé une très bonne journée. 😘

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  4. Serais tu en train de t’imbiber de l’esprit catalan pour ainsi vibrer au rythme du tango?
    J’aime beaucoup Piazzola , je préfère milles fois les accords parfois dérangeants de ses 4 saisons à Buenos Aeres que ceux de Vivaldi. Ça fait une éternité que je ne les ai point écoutées, je m’en vais remédier à cela dès demain ,et écouter aussi les autres titres dont tu parles que je ne connais pas. Ah et puis tiens, je me mettrais aussi du Dalida à fond,(si j’adore chanter «  laissez moi danser« à tue tête, ma grande préférence va quand même à Salma ya salama , moi c’est au son de cette musique que je ne me reconnais plus et que je me trémousse dans ma cuisine) (j’ai par contre pas trop aimé l’interprétation de CJordana, je la trouve un brin trop lente ).
    Tu m’en donnes l’envie, Et une envie , en ces moments de morosité envahissante, ça s’entend et ça se respecte! ( bon peut-être pas au sens où Anais Nin l’entendait ! – mais comment faisait-elle? – ça m’a pas donné envie de lire ses livres ni ceux d’H Miller- mais les dessins sont superbes).

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