Avril

Comme un nouveau départ. Fenêtres ouvertes. Jupes courtes. Vent sur les chevilles et dans le cou. Nez en l’air. Musarder. Blouson abandonné sur le fauteuil de l’entrée. Rayons de soleil sur le parquet. Bourgeons qui font leur intéressant. Oiseaux qui piaillent à tue-tête. Balades dans la rue sans aucun papier expliquant le pourquoi du comment. Ni la date ni l’heure. Les fleurs jaunes aux parterres de la ville. Lunettes de soleil sur le nez. J’y croyais dur comme fer parce que ça fait quatre saisons qu’on espère. Quatre saisons qu’on attend.

Depuis que le temps a changé de mesure. Que nous ne l’avons pas vu passer parce que nous ne pouvons pas mettre de terrasses ensoleillée entre un mardi et son vendredi. Que le samedi ressemble étrangement au jeudi. Ou inversement. Tout ce temps où les projets sont gardés pour plus tard. Demain ou même après-demain. Bien sûr il y en a eu. Des ordinateurs ouverts. Des papiers griffonnés. Des morceaux de fil tressés. Des carrés de tissu assemblés. De la pâte à modeler et de la pâte à pain. Du temps qui a filé que nous avons passé à parler le nez collé à l’écran pour se voir à presque se toucher. Du temps presque doux.

Il y a eut des mieux. Et à nouveau des moins bien. Mais surtout ce qu’il y a eut ce sont des absences. Des anniversaires à distance. À peine souhaités. Des dizaines passées sans qu’on puisse les fêter. Des chansons à travers un écran. Et une joie surjouée. Des embrassades avortées. Des ratés. Des rendez-vous ajournés. Ici ou là. Des consignes maintes fois répétées. Des baisers envolés. Du bout des doigts et des poings entrechoqués. Des sourires cachés sous les masques et la peine noyée dans le gel hydroalcoolique.

Je me disais qu’avec Avril on pourrait tout reprendre à l’endroit exact où on l’avait abandonné. Il y a un an. Retrouver le fil rouge. Le fil d’Ariane. Renouer avec nos vies abandonnées un jour de mars. Retrouver nos horizons et le rose à nos joues. Sans compter les kilomètres. Ni regarder les frontières entre départements.

Avril était le mois idéal pour renaître. De nos cendres. Devenir des Phoenix. Des bourgeons de printemps.

Et laisser derrière nous la parenthèse pas enchantée ouverte il y a un an. Une éternité. Mais bon. Il faudra attendre. Mai peut-être. Ou bien juin.

Pic by Masaaki Komori on Unsplash

6 commentaires sur “Avril

  1. J’ai toujours dans mon bureau le mur du confinement n 1 complète au confinement 2, derrière la télé les réalisations en macramé et j’ai du mal à finir mon rideau de fils, ce sera pour le confinement 3 avec toutes les autres bricoles en noeuds que j’ai dans la tête.
    P* un an !!

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