En vrac et pas dans l’ordre

  1. J’avais douze ans, mais si vous m’aviez demandé mon âge je vous aurais dit que j’en avais sept ou huit. Pas plus. C’était en 1980 et c’était un moment de ceux que l’on garde au fond du coeur. Longtemps. Ma soeur et moi regardions Petit déjeuner compris avec maman. Où était mon père ? Aucune idée. Si c’était un vendredi il était à la plongée et une fois n’est pas coutume, il ne compte pas dans cette histoire. Je suis tombée sur l’info après avoir fait un tour sur Instagram où Laurence Boccolini partageait cette série. Et quarante ans plus tard, je n’y ai pas coupé, je me suis installée, j’ai regardé et j’ai dégusté ma madeleine. Le problème c’est que la madeleine durait deux heures et que ChériCHéri n’avait pas du tout prévu que je reste coincée devant l’écran de mon ordi tout ce temps, un lundi matin de Pâques.

Petit déjeuner compris est une série télévisée écrite pas Danièle Thomson (oui, tout de même) jouée par Marie Christine Barrault et Pierre Mondy (ok, ça ne nous rajeunit pas) qui se passe à l’hôtel Buque. L’histoire : un couple de Bourg-en Bresse (dans ma mémoire, c’est très important) hérite d’un hôtel parisien. Ils décident de le reprendre pour pouvoir le vendre avant de s’y attacher. Il y a des scènes dont je me souviens parfaitement: « Boris cache-cache » par exemple ou le space cake de Bryan Ferry (sauf qu’à l’époque je n’avais pas compris que ce n’était pas des épices qu’il mettait dans la pâte). Je trouve surréaliste d’imaginer que Bryan Ferry a joué dans une petite série française. Et vous, vous avez une série chouchou quand vous aviez dix ans? (nb: il y a bien longtemps que je n’ai pas écouté Roxy Music)

2. Marie Aline a écrit sous un de mes anciens posts: « Je relis ce post ce soir. Et Dire que depuis ce jour là je traque les points de suspension dans les messages que je te laisse ! » Parce que j’ y avais écrit « Je hais les points de suspension qui donnent l’impression qu’on n’a pas réussi à terminer sa phrase. Et si un point ne suffit pas, pourquoi trois seraient plus adéquats ?  » (ça se passe sur l’article Inspiration.) Depuis, j’ai appris à être moins rigide avec les points de suspension et il m’arrive même d’en mettre quelques-uns dans mes textes… C’est amusant de voir que des articles si anciens sont encore lus, de temps en temps, même si c’est par les copines, ça fait vachement plaisir de se dire que cet endroit existe quand même. Et puis, quand je relis mes anciens posts, je pense toujours (toujours) que ce que j’écrivais, c’était mieux avant. J’espère que ce n’est qu’ici et que dans mes romans j’écris mieux qu’avant…

3. J’ai acheté une petite table carrée, rouge pliable pour travailler dehors. Je l’ai mise sur ma minuscule terrasse devant la salle à manger. La chaise est bien installée aussi, quelques nuages commencent à voiler mon ciel, mais ce n’est pas eux mon problème. Non mon souci ce sont les oiseaux qui piaillent. Librement. Qui vont et qui viennent, se foutant des kilomètres comme des attestations.

4. J’ai fait un tour sur mon Instagram. Je veux dire, un tour suffisamment long pour relire tous les posts sur dix-huit mois. J’ai trouvé ça vachement agréable. Au-delà du côté un peu narcissique il faut bien l’avouer qu’il y a à poser des petites images de sa vie, il s’agit en fait d’un joli journal intime. En regardant une photo et sa légende, c’est tout un tas d’autres moments annexes qui ont mené à cette image qui me reviennent. Des moments qui n’appartiennent qu’à moi. Instagram me donne l’impression d’être mon disque dur de rechange, si jamais la mémoire venait à me manquer.

5. Un petit tour dans mes lectures si ça vous dit. J’ai lu La divine comédie de nos vies de Gavin’s Clemente Ruiz, un petit livre agréable et rapide à lire. C’est l’histoire d’un groupe d’amis qui perd un de ses membres. 4ème de couv: « Une seule chose est sure : j’aurais dû dire stop avant. Avoir le courage de parler. Sans le savoir, ma femme et son amant m’ont fait le plus beau cadeau du monde. ». J’ai également relu le premier Agnès Martin Lugand « Les gens heureux lisent et boivent du café« . (dans un souci de comprendre ce qui fait qu’un livre fonctionne, enfin cartonne serait plus approprié), et je viens de commencer le dernier Valérie Perrin « Trois » (660 pages, pour moi c’est presque mission impossible) dont j’avais adoré les deux premiers livres « Les oubliés du dimanche » et « Changer l’eau des fleurs ». Dans la série roman graphique j’ai lu « Nowhere girl » un très beau livre sur la phobie scolaire et les Beatles comme moteur de résilience. J’ai aussi lu « J’ai failli te manquer » de Lorraine Fouchet, où il est question de rattraper le temps perdu. Lise et Cerise n’ont en commun que la rime. Tout oppose la mère et la fille. D’ailleurs c’est simple, Lise voulait un garçon. À la mort d’Axel, mari et père adoré, les deux femmes se retrouvent en tête à tête, et se repoussent comme des aimants réfractaires. Mais une inconnue s’invite dans l’équation. Elle efface tout, même les ressentiments, et apporte d’inespérées retrouvailles. Car il n’est jamais trop tard pour s’aimer… Dans la famille Venoge, on se déchire avec panache. Pourtant, la tendresse est bien là, en embuscade, et lorsqu’elle s’engouffre enfin dans la brèche, elle transforme les années perdues en heures gagnées. Vous l’aurez compris, en ce moment, je lis beaucoup de livres qui font du bien, peut-être parce que mon prochain roman sera à ranger dans cette catégorie (pour la fille qui voulait écrire du Annie Ernaux ou du Delphine de Vigan, ça la fout mal …)

D’ailleurs, j’avais envie de vous partager une image qui illustre bien ma nouvelle appartenance.

Bon, je vous laisse, il parait que ce matin je n’avais rien à vous dire … (les … sont une dédicace spéciale à Marieal)

Pic by DocuSign on Unsplash

2 commentaires sur “En vrac et pas dans l’ordre

  1. Merci pour la dédicace ! Moi, à défaut d’un IG intéressant ( je n’arrive pas à lui donner une âme, et surtout je trouve que ça ressemble tellement peu à ma réalité up and down ) j’ai refait un tour sur une partie de tes articles de 2016 , appelée par l’image du vitrail sur l’article du même nom. Du coup , j’ai cherché à retrouver quand j’avais commenté pour la première fois un de tes articles. Du coup j’en ai relu quelques uns de cette époque. C’était chouette les devoirs… et je continue de penser que tu avais un talent indéniable pour écrire l’émotion ou la nostalgie, et que tu as su te servir de ce talent pour en faire des romans.
    Moi qui ait déjà lu les versions de départ des 2 prochains je te trouve pas si mal en compagnie de ces 2 auteurs meme si on est pas tout à fait dans le même registre( espérons que tu cartonnes autant).

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