En vrac et pas dans l’ordre

La bouteille de jus de pommes est ouverte sur la table du petit déjeuner. Un verre, une assiette où gisent les miettes de ma tartine grillée et une plaque de beurre déjà bien entamée complètent le décor. À l’autre bout du plateau : des chargeurs de téléphone, deux masques chirurgicaux, deux guides du pays basque et un feutre rouge attendant que je me charge de les ranger. La porte fenêtre est ouverte et l’air qui pénètre dans la maison est salvateur. Il est frais, vif. Il nettoie la pièce pendant qu’un rai de lumière tente courageusement de pénétrer à l’intérieur. Je me suis réveillée plus tard, ce matin. J’ai laissé le sommeil s’attarder, parce que bientôt, ces longues heures de rêves ne seront plus que des souvenirs. L’insomnie va revenir. Elle revient toujours dans l’anticipation de mes journées et celles de mon collégien. Il ne lui en faut pas beaucoup à mon sommeil pour se faire la malle : un devoir de maths ou d’anglais, un prof d’espagnol qui ne tient pas compte de son handicap, un emploi du temps peu amène ou une AVS absente, et paf, elle rigole au pied de mon lit. Il y a aussi le fait de ne pas pouvoir me dire : ce n’est pas grave, demain tu pourras dormir plus longtemps, qui m’empêche de m’endormir. Je l’ai compris cet été. À mon âge, il était temps (et ce n’est pas faute d’avoir cherché…)

Ce matin, j’ai hésité entre vous faire un article sur ce que j’avais aimé cet été et sur les pages du matin. Vous savez cette page où s’amoncellent les pensées de rien du tout et les sensations qui vont avec. Mais j’ai eu peur de ne plus savoir le faire, alors j’ai pensé qu’un en vrac et pas dans l’ordre ferait très bien l’affaire pour revenir ici. Sur la pointe des pieds.

Un en vrac et pas dans l’ordre sur l’écriture (vous en doutiez ?)

En vrac et pas dans l’ordre j’ai eu un été laborieux. Enfin laborieux pas dans le sens difficile mais dans le sens où j’ai eu beaucoup de travail. Mon éditrice m’avait annoncé que j’avais jusqu’au 30 juillet pour terminer la rédaction du dit bouquin. Du coup, j’ai claironné un peu partout (et surtout à ma famille) que le 30 juillet je serai en vacances. Ça tombait bien, c’était le premier jour de nos vacances. Sauf que les corrections n’étaient pas pour autant terminées et que j’ai dû le lire et le relier vingt-cinq fois (sans exagérer du tout), pour l’améliorer. J’ai eu jusqu’au 23 août pour le peaufiner. Le polir. Changer une virgule, mettre un point, enlever un mot et lui trouver un synonyme, modifier une phrase, déplacer un chapitre. Mais bon, cette fois-ci, il est terminé. Il est parti chez Eyrolles (oui, il y a bien un moment où je devais vous dire de quelle maison d’éditions il s’agissait) (c’était pas secret, mais bon, je préférais attendre : imaginez que je ne réussisse pas à retravailler le manuscrit comme ils l’attendaient) En ce moment, le Studio de créa bosse sur la couverture et nous allons maintenant attaquer la correction (vocabulaire et grammaire). J’ignore si, lorsqu’il sortira (en février 2022), j’aurais encore envie de le lire (on me glisse dans l’oreillette que non) mais j’espère que vous, oui.

En vrac et pas dans l’ordre j’ignorais que le travail d’un éditeur était aussi important. Je crois que je serai dorénavant incapable d’écrire seule (je sais, je l’ai déjà dit). Je veux dire, sans le regard aiguisé de la correctrice qui m’a accompagnée, sans ses questions qui me font aller au plus profond de moi pour chercher ce que je veux dire. Elle balaie les évidences en précisant que Adrien (mon héros) peut sans doute trouver mieux à dire/faire que cette banalité. Je souffle et hausse les yeux au ciel mais je sais qu’elle a raison ! Parfois, il m’arrive de me demander ce que la directrice des éditions Eyrolles a vu derrière mon premier manuscrit qui ressemble plus à un « ours » (terme cinématographique qui est une sorte de prémontage d’un film où les scènes ne sont pas encore totalement dans l’ordre) qu’à un vrai roman, pour en dire des choses aussi gentilles et le retenir pour sa collection. La semaine dernière, juste avant l’envoi final chez Eyrolles, ma correctrice m’a envoyé une liste de phrases sorties du livre pour la promo. En les lisant, j’étais contente. « C’est exactement celles que j’aime, je lui ai dit. » Ce qu’elle a répondu, je l’ai inscrit dans le carnet à pensées positives que j’ai concocté. J’ai commencé à retravailler Un Tango pour Doro de cette façon, mais seule, ce n’est pas évident…

En vrac et pas dans l’ordre. J’y pense, peut-être devrai-je vous parler de ce carnet à pensées positives? Non? Beh tant pis, je vous en parle tout de même. Il s’agit d’un carnet (un vieux, que mon père m’avait offert il y a très longtemps). On était installés au Colombus quand il l’a sorti d’un sac. Je pense qu’on était en été, pas loin de mon anniversaire. Bref. Pas grand chose d’autre à en dire, sauf que très longtemps je l’ai gardé intact. Je ne sais pas pourquoi je fais ça : je n’utilise pas les choses que j’aime et parfois c’est vraiment con, parce que ça périme, je ne peux plus le mettre, je le perds ou je l’oublie au fond d’un tiroir. Re bref. Dans ce carnet que j’ai intitulé « pour écrire un roman », j’ai fait la liste de tous les points positifs que j’ai reçus au sujet de mon écriture et de tous les conseils que l’on m’a donné depuis que je m’y essaie et toutes les phrases inspirantes que j’ai rencontré sur mon parcours. Oui, parce que j’en avais vraiment assez de douter de tout et surtout de ma capacité à le faire. Donc voilà, je note. Et je numérote. J’en suis à 140 items. Le matin, avant de travailler, j’ouvre une page au hasard et je lis, comme on le ferait en tirant une carte. Ça me donne le ton de la journée.

En vrac et pas dans l’ordre Normalement, je devrais participer au salon Villeneuve se livre à Villeneuve sur lot. Normalement, parce que la situation sanitaire m’a appris à ne pas tirer de plans sur la comète. Si jamais vous êtes dans le coin, je vous y retrouverai avec plaisir. Même si vous n’achetez pas de livre. Surtout pour un coucou. Il y a plein de gens que j’espère revoir. Des gens qui l’ignorent sans doute…

En vrac et pas dans l’ordre c’est fini pour aujourd’hui. Suivront un En vrac et pas dans l’ordre de rentrée, un autre qui pourrait s’intituler « mes voisins sont des extra terrestres » et « la rencontre avec l’éditrice » et puis mes news sur la Quinqua Power. J’espère tenir le rythme d’un article par semaine.

Portez-vous bien !

7 commentaires sur “En vrac et pas dans l’ordre

  1. Contente de te retrouver !
    J’ai découvert les pages du matin il y a un an et je ne peux plus m’en passer. J’y pose mon fardeau et il reste coincé dans mon cahier quand je le referme, ma journée est plus légère. Je serai donc très intéressée par ton article sur le sujet, si tu oses l’écrire et le publier ici.
    Quant au fait de conserver, pour une occasion qui en vaudra vraiment le coup… et les oublier ou laisser se périmer, les choses que j’aime : je fais tout pareil. Je cherche à élucider pourquoi, j’explore des pistes.
    Bonne rentrée !

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