Quinqua power is back

J’ai complètement oublié à quel épisode nous en sommes de la Quinqua Power. Ça fait un moment que j’avais abandonné le comptage, peut-être même le concept, car je pensais avoir tout dit, mais finalement, il reste peut-être un ou deux trucs de derrière les fagots.

D’abord, je voudrais dire à celles qui viennent de mettre un pied dans les joies de la cinquantaine accompagnée des joyeusetés de la ménopause et qui ne comprennent pas ce qui leur arrive : ça passe. Oui, tout à fait. Si vos copines du même âge ne l’ont pas encore eue et qu’elles vous regardent étonnées en brandissant des « non, moi ça va parfaitement », rappelez-vous d’une chose : elle n’arrive pas au même âge pour tout le monde, mais elle pointe toujours son nez. Quand il m’arrivait d’en parler on me répliquait « moi, la ménopause, mais non, pas du tout / pas encore/ non moi ça ne me fait rien du tout/je n’ai pas encore l’âge… » Je me souviens même d’une blogueuse qui était montée sur ses grands chevaux d’une façon pourtant peu cavalière parce que j’avais osé insinuer que ce quelle vivait était sans doute lié à la ménopause.

J’ai commencé à écrire dessus et j’ai découvert quelques joyeusetés que, étrangement, on était nombreuses à partager. Ouf! Je n’étais ni seule ni folle. Ouf! On pouvait aussi en rire. Et en parler.

Allez, hop, c’est parti pour un petit rappel. Sachez qu’on passe d’abord par la pré-ménopause (une sorte de mise en jambes, d’amuse-gueule si vous voulez) puis arrive la ménopause (la vraie, dont on a peur du nom mais qui s’avère beaucoup plus calme). Je ne vais pas vous faire un cours là-dessus, essayez de toper un gamin en classe de quatrième pour tout connaître du système reproductif humain, et donc de la ménopause, et ça sera nickel.

En ce qui concerne la pré ménopause (j’ignore d’ailleurs si ce phénomène porte un nom…), je cumulais les symptômes alarmants : bouffées de chaleur, prise de poids (+15 kilos entre 43 et 53 ans), perte de la libido (ouais, ouais, ouais), mauvais sommeil (enfin, je veux dire, pire qu’avant) et humeur qui jouait au yoyo. Et puis, un jour, c’est passé. Je ne m’en suis pas rendue compte tout de suite. J’ai même mis un peu de temps. Mais oui, c’est passé. Un matin, j’ai dit « ah! chouette, c’est terminé! » et j’ai refermé le dossier Quinqua Power qui me ramenait ici avec la constance d’un vieil usurier comptant ses pièces.

Bien sûr, je divague. Ce n’est pas du tout de cela dont je voulais vous parler. Non, en fait je voulais vous raconter un truc ou deux en rapport avec la santé de la quinqua.

Le premier, c’est l’histoire d’un courrier qui vous invite (terme fort bien choisi) à aller voir votre gastro-entérologue pour faire pratiquer une coloscopie. Le truc bien désagréable mais dont j’ai l’habitude en raison d’une maladie auto-immune qui m’y oblige depuis vingt ans ce qui a pour effet que je ne l’associe pas à un âge en particulier. Par contre, tous les autres désagréments, je les ai : entre le moment de la consultation où le médecin me dit « il va falloir faire une colo » et l’hospitalisation, j’essaie de ne pas y penser, mais faut bien se rendre à l’évidence que les images qui s’affichent dans ma tête quand j’entends le mot « coloscopie » ne sont pas des photos de champs de pâquerettes. Le liquide à ingurgiter est toujours aussi infect et chose qui ne s’est pas arrangée le mode d’emploi s’est complexifié, si bien que la dernière fois j’ai foiré deux prises. Bref. Finalement, le jour J est arrivé et je n’avais pas assez bu de potion ». Quand le médecin m’a demandé « vous avez tout bu » je l’ai fixé droit dans les yeux en hochant la tête en signe de l’affirmative (privilège de l’âge de réussir à mentir sans ciller, sans doute). Tout ce qu’il a trouvé, ce sont des remontées acides. Je croyais que ce phénomène ne concernait que les bébés, et sur le coup, j’ai été flattée, je me suis sentie super jeune. Mon gastro m’a dit : « avec l’âge ce sont des choses qui arrivent, on a a des rides et elles provoquent ces sensations désagréables ». Des rides à l’intérieur de soi ? Il a hoché la tête en me regardant fixement. Privilège de la jeunesse sans doute de pouvoir déblatérer des fadaises aux vieilles dames.

Il m’a prescrit des comprimés et des sticks à prendre « quand ça brûle ». « C’est du botox, il a ajouté, ça va vous faire un estomac de bébé ». Je n’étais pas très sûre d’avoir envie d’un tel estomac sujet aux régurgitations, mais bon, j’ai pensé que faute de front sans ride j’aurais au moins un estomac tout lisse. J’ai essayé d’écarter de moi l’idée selon laquelle les vieux retombent en enfance. C’est bien ma veine, ça commençait vraiment tôt!

Eh puis, je suis devenue une adepte de Doctissimo. Dans la barre de recherches je tapais « bouffées de chaleur », « prise de poids » ou « libido perdue » certaine que j’allais me découvrir une maladie auto immune de plus, ou bien un cancer sournois de ceci, ou une SEP foudroyante. Pourtant, la seule chose qui s’affichait, c’était cette putain de ménopause. Je n’avais même pas d’excuses à mes sautes d’humeur. J’étais comme les milliers d’autres Nathalie nées la même année que moi qui s’énervaient pour un rien et manquaient pleurer à tout bout de champ. Et surtout, personne n’allait me prendre au sérieux. Quoi ?! Qu’est-ce que tu racontes ? Non, je t’assure on ne meurt pas de la ménopause (et d’abord, qu’est-ce qu’ils en savaient, faut bien un premier pour commencer ! ) Pendant cette période, je me suis nourrie au Doliprane, à l’Efferalgan ou au Dafalgan et avalé, avec la régularité d’un métronome, des cachets de Donormyl que je fractionnais en quatre (exercice pas facile) à la nuit tombée. J’étais tout à fait capable de vous expliquer les bienfaits des uns par rapport aux autres, de l’heure idéale à laquelle prendre celui-ci ou celui-là. Sur le coup, j’ai eu peur de virer hypocondriaque mais quelque part, caché au fond de moi, je savais que je n’étais pas atteinte d’une méningite foudroyante, parce que je n’ai jamais consulté de médecin.

Quant à la libido perdue ? Je l’ai retrouvée, elle était roulée sous le lit, mais ça, c’est une autre histoire.

PS : parce qu’on n’arrête pas de me le demander, je vais peut-être remettre un épisode de la Quinqua Power par semaine avec une mise à jour en PS. Vous en pensez quoi ? et puis, vous pourriez me dire de quoi vous avez envie que je parle sur ces pages : de ce qui nous rend nostalgique, de ce qui m’agace (quand les quadra s’approprient des films de MA génération par exemple), de la mode, des photos, des copines, des mecs, des cabines d’essayage et des vendeuses qui ont l’âge d’être nos filles, et des médecins aussi, de la couleur et la longueur de nos cheveux que d’autres que nous voudraient régenter, allez, dites-moi, de quoi aimeriez-vous qu’on parle ?

Pic by jshoots on Unsplash

6 commentaires sur “Quinqua power is back

  1. Bon si ça passe y a plus qu’à prendre son mal en patience 😂
    Moi mon problème pour le moment c’est que je suis obligée d’aller chez le coiffeur pour faire une couleur, du coup je vais les couper un peu alors que je les aurais gardés un peu longs.

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    1. Mais, pourquoi les couper ? La longueur ne changera rien aux racines … au contraire il me semble d’ailleurs.
      Sinon ça passe. Oui. Un matin on se rend compte que ça fait quelques jours qu’on n’a pas eu de bouffes de chaleur, ni qu’on a eu de vague à l’âme, un beau jour on a l’impression de s’être collé redressée et ça, c’est vraiment chouette. Bisous

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  2. Pourquoi couper ? C’est vrai ça, pourquoi ne pas aller chez le coiffeur juste pour colorer alors que je peux facilement aller chez le coiffeur juste pour coiffer. J’ai rdv le 4, ça me laisse le temps de réfléchir 😂

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  3. oh là… les cheveux des quinquas… alors quel sujet !! Pour ma part, si j’ai coché toutes les cases que tu cites plus haut, et si j’y suis encore d’ailleurs, les cheveux restent mon drame !! Depuis toujours… j’ai coupé peu à peu depuis mes 40 ans, là, je ne sais plus ce que je veux, je continue les couleurs, qui ne tiennent jamais longtemps, et vu mon état général, j’ai plutôt l’air d’avoir une vieille serpillère sur la tète…. et pas encore trouvé un coiffeur qui me donne envie de me dire en sortant « ah, pour une fois, ça me va bien »… (même pas encore « je sis jolie comme ça », parce que ça, je n’y arriverai pas… là aussi, j’aurais beaucoup à dire sur le sujet !) … bref, oui, je suis partante pour un retour du quinqua power !!

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  4. Le sujet me concerne moi aussi, même si je ne sais pas si je suis dedans ou pas… quelques coups de chaud mais sans doute pas des bouffées de chaleur, envie de pleurer++ mais peut être guère plus qu’avant, humeur qui fait des siennes mais peut être due à celui à qui j’ai confié mon coeur sur un coup de tête, pas de prise de poids mais peut être parce que je fais du sport avec acharnement parfois. Bref, je ne sais pas trop mais je m’y retrouve quand même plus ou moins. Quoi qu’il en soit, les années sont bel et bien inscrites au compteur et cheveux gris, qu’il me faut aller faire couper aussi très bientôt. Et puis c’est rassurant de faire partie d’une communauté face au jeunisme…

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